| |
Coulisses
La Sécu se bat contre la grippe depuis vingt ans
Chaque année, la grippe touche entre 2 et 7 millions de personnes. Si la maladie prolifère en hiver, elle n'a rien à voir avec un refroidissement. Tous les ans, un nouveau vaccin est disponible en pharmacie.
A voir également sur Obiwi
Responsables de l'affection : le confinement, la promiscuité, des sécrétions plus abondantes en cette saison… Le virus de la grippe se transmet de personne à personne par expectoration (toux, éternuements, baisers…) ou à cause d'objets contaminés par la salive ou les sécrétions respiratoires provenant du nez et de la gorge.
C'est effectivement en hiver que sévit cette affection qui se traduit par des maux de tête, des courbatures, des frissons, une fièvre intense, parfois une toux et une congestion nasale.
Rien de très grave au demeurant, le rétablissement est complet après une ou deux semaines suivant les personnes. Mais, en ce qui concerne les enfants en bas âge, les sujets atteints de maladie chronique et les personnes âgées, elle peut être mortelle. Si 6% à 14% seulement des personnes de plus de 65 ans en sont affectées, ce sont elles qui paient le plus lourd tribut, puisque chez elles 90% des décès sont liés à la grippe.
C'est pourquoi, depuis 1985, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) organise la prise en charge du vaccin pour les séniors, abaissant en 1989 la limite d'âge à 70 ans, puis en l'an 2000 à 65 ans.
Par ailleurs, sont également couverts les gens atteints d'affection de longue durée (ALD), et la vaccination est recommandée aux personnels en contact avec des gens à risque de complication et susceptibles de disséminer le virus, comme les professionnels de santé ou tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque, le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et le personnel de l'industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs.
L'objectif de santé publique est-il identifié ?
En 2006, année de faible épidémie, 2,3 millions de personnes ont consulté pour une grippe. Les efforts des pouvoirs publics sont-ils suffisants ? Le docteur Gay, médecin du travail, a noté que de plus en plus de demandes lui parvenaient de la part des entreprises. Celles-ci sont parfois la conséquence d'une confusion avec la grippe aviaire, et surtout de la volonté de combattre l'absentéisme au travail.
Le professeur Clauser, diabétologue et chercheur à l'Inserm, considère qu'il n'y a pas d'alternative au vaccin, mais n'est pas plus favorable à une vaccination de masse : ce n'est pas une maladie très grave lorsqu'on n'est pas déjà fragilisé, mais, en revanche, elle offre une bonne opportunité de faire une complication aiguë de l'équilibre du diabète. En ce qui concerne les personnes qui, de par leur situation, pourraient favoriser la propagation du virus, il ne s'y sent pas particulièrement sensible, et constate qu'à sa connaissance il n'y a pas d'obligation de vaccination à l'hôpital.
Un énorme dispositif est mis en œuvre
La maladie peut s'avérer grave pour certaines catégories de la population. Une épidémie de grippe dure six à huit semaines dans l'année, elle affecte assez peu de gens par rapport à celles de grippe espagnole (1918-19, 40 millions de morts) ou asiatique (1957-58, 1 million de morts), sans doute à cause des développements de l'hygiène et de l'urbanisme.
Par exemple, lors d'une épidémie à Madagascar en 2002, plus de 27.000 cas ont été notifiés en trois mois et il y a eu 800 décès malgré une intervention rapide. Au cours de la saison 2004-2005 en France, où l'épidémie a été qualifiée de modérée, 228 décès ont été rapportés pour cause de grippe.
Pour autant, elle reste sous surveillance, en association avec d'autres types d'influenza, dont les caractères épidémiologiques et prophylactiques sont encore mal connus. Ce rôle est dévolu aux GROG et à l'InVS. Elle fait également l'objet tous les ans d'une campagne de l'Assurance maladie dans le but de protéger les catégories les plus fragiles de la population française. Pour les autres, les personnes réputées en bonne santé, l'accent est mis sur l'incitation grâce à une campagne de presse à la fin du mois de septembre.
En 2006 toujours, année de faible épidémie, 2,3 millions de personnes ont consulté pour une grippe…
Soucieuse de mieux maîtriser ses dépenses, l'Assurance maladie a négocié avec les représentants des médecins et des infirmières une autre organisation qui n'a pas pu s'appliquer cette année car il fallait une modification des textes législatifs. En 2008, le médecin traitant prescrira la première vaccination mais les années suivantes, les assurés pourront aller directement voir une infirmière avec leur prise en charge pour se faire vacciner.
Note :  (1 note)
- Publier sur un media reconnu
- Bénéficier d'invitations aux événements
- Rejoindre une communauté de passionnés
 Déjà inscrit : Connexion
Liens commerciaux
|
|