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Des résidus de pesticides dans les vins bio

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Le 31/12/08 - Lu 4843 fois - 24 commentaires
Dans la revue Test-Achats de décembre 2008 n° 526, une enquête sur la présence de résidus de pesticides dans le vin, par R. Remy, M. Baert et M. Gonnissen.
crédit photo: antiquité tardive/Flickr.
crédit photo: antiquité tardive/Flickr.
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Il suffit apparemment d'être en Belgique, de l'autre côté de la frontière donc, pour trouver une étude un peu plus approfondie et sérieuse sur la présence ou non de résidus de pesticides dans les vins français mais aussi allemand, argentin, chilien etc… Si les Belges adorent le vin, il est à noter qu'ils se posent les mêmes questions que nous, mais que eux se donnent les moyens d'y répondre, de part le seul fait que la Belgique n'est pas un pays producteur de vin. Il y a paradoxalement moins de pression ou tout du moins de freins à mettre en place de telles études.

L'étude est mise en place après l'application du nouveau règlement européen du 1er Septembre 2008 ramenant le nombre de pesticides autorisés de 700 à 300. Le nouveau règlement fixe les limites maximales de résidus (LMR) autorisées sur et dans les denrées alimentaires destinées à l'homme. Cette limite est une relative à l'application des Bonnes Pratiques Agricoles. Elle ne souligne pas pour autant la toxicité d'un résidu de pesticide. Pour ce faire, on dispose de deux indices, la dose de référence aigüe et la dose journalière admissible.
Au niveau européen, l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments a fixé une LMR pour les produits alimentaires dont le vin ne fait pas partie mais le raisin de cuve oui. C'est ensuite, à chaque état de l'union européenne de mesurer le respect de ces limites.

Le vin présentera ou non des résidus de pesticides en conséquence de l'emploi ou non de pesticides dans la vigne. On peut supposer que les vins bio n'en contiendront pas puisque, dans ce cas, les vignerons ne peuvent pas employer de pesticides, et que dans le cas de vin traditionnel, il pourra y avoir des résidus mais à une dose inférieure à la Limite Maximale de Résidus autorisées dans le raisin!

L'étude porte sur 34 vins, rouges, blancs et effervescents, issus pour moitié de l'agriculture biologique. Les vins ont été achetés sur le marché belge en mai-juin 2008. Les analyses ont porté sur la détection possible de 200 résidus de pesticides. Les auteurs précisent qu'il faut bien faire la différence entre la détection d'un résidus mesurables qui s'exprime en mg/kg ou en ppm, et, entre la détection de traces de pesticides qui s'expriment là en µg/kg. Dans le premier cas, on est certain de la présence de pesticides et de son emploi par le vigneron. Dans le second cas, on est certain de sa présence dans le vin mais on ignore sa quantité et sa provenance. Il peut s'agir alors d'une contamination depuis une parcelle voisine.

Les résultats: sur les vins traditionnels, 9 sur 17 ne comportent ni traces ni résidus. Les 8 autres contiennent de 1 à 3 résidus différents. Sur les Vins Bio, 13 sur 17 ne comportent ni traces ni résidus. Les 4 autres en contiennent donc. A noter que les résidus observés sont inférieurs à la LMR fixée pour les raisins de cuve. Les auteurs donnent en exemple le résidus le plus observé, le pyriméthanil. Sa LMR est de 1 mg/kg or la dose maximale observée a été de 0.07 mg/kg, soit 14 fois moins!

Deux conclusions à donner


Les vins ne sont pas tous porteurs de résidus de pesticides et lorsqu'ils le sont c'est dans des quantités admissibles par les autorités européennes et très éloignées d'un quelconque danger pour la santé!
Il est anormal de trouver des résidus de pesticides dans 4 vins issus de raisins de l'agriculture biologique puisque cela prouve l'utilisation de pesticides par le vigneron. Or son cahier des charges le lui interdit et un organisme de contrôle et de certification l'a justement contrôlé pour le respecter! On peut donc se demander si les contrôles sont réalisés correctement.

Questions Ouvertes


Qui fera une telle étude à plus grande échelle en France sur les vins bio français afin de nous garantir la fiabilité du label Bio?
Sachant que sur cet échantillon, le seul vin français bio à présenter des résidus de pesticides est l'un des vins de La Chablisienne, peux-t-on avoir une réaction de cette coopérative? Comment réagissent-ils à cette étude? Sur leur catalogue, cette cuvée n'existe plus et semble remplacée par "Dame Nature".
Même question vis à vis de l'organisme Ecocert qui a certifié cet échantillon pour la Chablisienne. C'est tout de même délicat comme résultat!

Le tableau de Résultats des Résidus mesurables (en mg/kg ou ppm)


Agriculture traditionnelle
Terres Douces 2005, Bordeaux (France, rouge) carbendazime: 0,02 fenhexamid: 0,02.
Cellier Yvecourt Bordeaux 2006, Bordeaux (France, rouge) carbendazime: 0,06 iprovalicarbe: 0,01.
Chablis Union des Viticulteurs 2007, Chablis (France, blanc) pyriméthanil: 0,07 fenhexamid: 0,03 iprovalicarbe: 0,01.
Hilaire Rondeau Rosé d'Anjou 2007, Rosé d'Anjou (France, rosé) diméthomorphe: 0,02.
Val de Uga Merlot 2006, Somontano (Espagne, rouge) carbendazime: 0,05.
Gobelsburger Grüner Veltliner 2005, Qualitätswein (Autriche, blanc) azoxystrobine: 0,01 boscalide: 0,07.
Riesling Classic 2007, Pfalz (Allemagne, blanc) pyriméthanil: 0,01 fenhexamid: 0,03 iprovalicarbe : 0,01.
Casa Mayor Carmenère 2007, Colchagua Valley (Chili, rouge) iprodione: 0,11 fenhexamid: 0,04.
Cuvée St Vincent Les Chevaliers 2006, Côtes du Rhône (France, rouge).
Cellier des Dauphins Prestige 2006, Côtes du Rhône (France, rouge).
Merlot 2007, Vin de Pays d'Oc (France, rouge).
Marquis de Marmontel, Champagne (France, vin effervescent).
Lamberti Soave 2006, Soave (Italie, blanc).
Porto ruby - port wine, Porto (Portugal, vin de dessert).
Finca Las Higueras Malbec 2007, Mendoza (Argentine, rouge).
Roodeberg 2005, Western Cape (Afrique du Sud, rouge).
Domaine du Chenoy “Butte aux lièvres” 2005, Sambre et Meuse (Belgique, rouge).

Agriculture biologique
La Chablisienne La Source 2004 (Ecocert), Chablis (France, blanc) pyriméthanil: 0,03.
Garganega del Veneto 2006 (Biogarantie), Garganega IGT (Italie, blanc) pyriméthanil: 0,01.
Vida Organica Cabernet sauvignon 2007 (Letis SA BIO), Mendoza (Argentine, rouge) carbendazime: 0,03.
Nelson Bio Shiraz Oxfam 2005 (Biogarantie), Western Cape (Afrique du Sud, rouge) carbaryl: 0,02.
Domaine Jean-Charles Aubert 2006 (Agriculture Biologique, Demeter), Côtes du Rhône (France, rouge).
Domaine des Coccinelles 2006 (Agriculture Biologique), Côtes du Rhône (France, rouge).
Château Haut-Pouchaud 2005 (Agriculture Biologique), Bordeaux (France, rouge).
Bordeaux Yvon Mau 2006 (Ecocert), Bordeaux (France, rouge).
Pont Neuf 2007 (Agriculture Biologique), Vin de Pays du Gard (France, rouge).
Domaine Le Verger 2007 (Agriculture Biologique), Rosé d'Anjou (France, rosé).
Champagne Fleury (Ecocert, Demeter), Champagne (France, vin effervescent).
Monasterio de Santa Ana 2006 (Consejo de agricultura ecologica Murcia), Jumilla (Espagne, rouge).
Romariz reserve ruby (Ecocert), Porto (Portugal, vin de dessert).
Josef Loimer Gemischter Satz 2005 (Austria Bio), Qualitätswein (Autriche, blanc).
Silvaner Kabinett 2007 (ECOVIN), Rheinhessen (Allemagne, blanc).
Adobe Cabernet sauvignon 2007 (IMO SCESP 004), Valle Central (Chili, rouge).
Hageling Dornfelder 2005 (Biogarantie), Hageland (Belgique, rouge).

Pour lire l'article de la revue Test-Achats dans son intégralité, cliquez ici.
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Anonyme
Le 01 janvier 2009
Répondre
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Pesticides et résidus dans les vins.
Votre article est clair,et informatif.Il serait intéressant pour éclairer "l'oenophile" de l'orienter vers des indications plus faciles.
-par rapport à la liste autorisée au niveau CEE,indiquer les doses permises(limites maximales,et pour les vins bio,la présence si faible de produits exclus des cahiers des charges,doit être,à mon avis,signalés et apparemment retirés du marché,à moins de dresser des limites légales,qui tiendraient compte,comme cité dans votre article,des parcelles contaminées par le voisinage(vents....).
Mais dans tout cela, qui serait en charge de cette opération délicate,et la répression des fraudes??
Amede
 
Anonyme
Le 01 janvier 2009
Répondre
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Bonjour,

"On peut supposer que les vins bio n'en contiendront pas puisque, dans ce cas, les vignerons ne peuvent pas employer de pesticides"

C'est absolument faux. Le bio utilise depuis longtemps des pesticides, dit naturels mais ni moins inoffensifs ni plus respectueux de l'environnement que ceux utilisés en agriculture traditionelle. D'ailleurs, l'Europe vient d'assouplir la législation en la matière (encore plus de pesticides autorisés en bio).
 
Anonyme
Le 02 janvier 2009
Répondre
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"On peut supposer que les vins bio n'en contiendront pas puisque, dans ce cas, les vignerons ne peuvent pas employer de pesticides"

L'étude et l'article évoque bien les pesticides de synthèse, véritable poison pour l'homme et l'environnement. Les temps ne sont pas si éloignés ou bientôt, les cochons de pollueurs qui utilisent ces substances seront condamnés comme des assassins, on y arrivera.

Concernant votre assertion que la bio utilise des "pesticides" il serait intéressant de citer vos sources et les molécules employés.

Sans cette information corollaire, votre post n'est qu'un dénigrement et une injure aux viticulteurs qui travaillent proprement.
 
Anonyme
Le 02 janvier 2009
Répondre
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bonjour,
ci dessous,l'adresse d'un site récapitulant les pesticides utilisables en viticulture biologique mais peut être que le sulfate de cuivre par exemple qui est un pesticide en viticulture traditionnelle ne l'est plus en viticulture biologique????
cordialement.
http://www.itab.asso.fr/downloads/Fiches-techniques_viti/viti%20Protection%20Vigne.pdf
Je confirme : le vin "bio" ne devrait pas contenir de résidus de pesticides.
Il n'y a aucune hypocrisie ou tromperie en ce qui concerne le soufre et le cuivre qui sont effectivement utilisés en viticulture, traditionnelle, biologique, bio-dynamique, naturelle.
Aucun vigneron ne cache l'utilisation de ces deux produits.
Par contre, l'adhésion au cahier des charges de l'agriculture biologique impose de ne plus utiliser d'intrants chimiques tels que ceux que l'on retrouve dans cette étude. C'est cela dont il est question dans cet article et qui pourrait faire penser que certains vignerons ne respectent pas ce cahier des charges et que l'organisme de contrôle passe à travers !
Concernant la nouvelle législation européenne applicable ce jour (règlement (CE) n°834/2007 et règlement (CE) n°889/2008), elle donne une liste claire des produits autorisés où figurent le cuivre et le soufre décrits comme des fongicides.
 
Anonyme
Le 02 janvier 2009
Répondre
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ci dessous la définition du mot pesticide donnée par wikipedia.
Un pesticide est une substance émise dans une culture pour lutter contre des organismes nuisibles. C'est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides , les herbicides, les parasiticides. Ils s'attaquent respectivement aux insectes ravageurs, aux champignons, aux « mauvaises herbes » et aux vers parasites.

Ils englobent donc les substances « phytosanitaires » ou « phytopharmaceutiques ».

Dans une acception plus large, comme celle de la réglementation européenne[1] , ce peut être des régulateurs de la croissance, ou des substances qui répondent à des problèmes d'hygiène publique (par exemple les cafards dans les habitations), de santé publique (les insectes parasites [poux, puces] ou vecteurs de maladies telles que le paludisme et les bactéries pathogènes de l'eau détruites par la chloration), de santé vétérinaire, ou concernant les surfaces non-agricoles (routes, aéroports, voies ferrées, réseaux électriques...).
votre texte aurait du préciser" On peut supposer que les vins bio n'en contiendront pas puisque, dans ce cas, les vignerons ne peuvent pas employer de pesticides (de synthèse)et le débat serait clos.
salutations.
 
Anonyme
Le 03 janvier 2009
Répondre
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Bravo de reprendre cette info publiée par la revue belge dont j'ai parlé sur Vin&Chère dès parution début décembre voir le lien suivant:(http://blogdesgouteurs.blogspot.com/search/label/CATEGORIE%20Etudes%20scientifiques%202008
Mais il ne faut pas oublier que dans notre monde tout est lié et que si le voisin en conventionnel traite ses vignes, le vigneron bio situé juste à côté peut avoir quelques craintes sur quelques rangées. Je pense qu'il ne faut pas se tromper de combat et plutôt s'attaquer aux vins traitésen majorité, plutôt qu'aux vins bios qui présentent certes parfois des tracesmais dont l'effort est de toute façon louable... Non ? bonne année aux vins bio. M.S
Comme vous le dites, il ne faut pas se tromper de combat, donc il faut être exigeant avec le vin bio pour être certain de la garantie du label et de la certification. Sinon, on va avoir tout et n'importe quoi !
 
Anonyme
Le 06 janvier 2009
Répondre
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Bonjour,
Je ne suis absolument pas surpris par ces résultats:
Vigneron en non-bio, mais soucieux de ce que j'utilise, j'ai fait faire une analyse de résidus de pesticides par un laboratoire indépendant, persuadé de ne pas trouver de résidus.
Résultat: 4 pesticides détectés, certes à des doses 1.000 fois inférieures à la LMR, mais surtout des pesticides que je n'ai jamais utilisés!!
En fait, le simple fait que le voisin ne respecte pas les mêmes règles que moi permet ce genre de déconvenue.
Et que je sache, les vignerons bio n'ont pas de protection autour de leur parcelle les garantissant contre les traitements des vignerons conventionnels.
résultat de l'analyse (en µg/l):
Cyprodinyl: 0.38 -> LMR: 500
Procymidone: 1.91 -> LMR: 2000
Pyrimethanil: 1.62 ->LMR: 1000
Les 2 premiers sont des anti-pourritures et le 3eme un insecticide. Depuis 20 ans que je suis vigneron, je n'ai utilisé ni les uns et ni les autres...
un vigneron de la vallée de la Loire
 
Anonyme
Le 07 décembre 2009
Répondre
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En réponse à Anonyme :
veuilez noter que le Pyrimethanil est un fongicide et non pas un insecticide comme le dit
un certain commentateur
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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Bonjour, je suis vigneron, je le fais savoir car mon analyse va donc être orienté. Il est très difficile de se reposer sur de telle analyse, car les parcelles de vignes sont malheureusement en extérieur, donc l'intervention du vigneron ne peut suffir pour expliquer des resultats aussi fins. Quant au produit bio, il semble que pour certaines personnes, qui ont répondu avant moi, cela soit une sorte de secte. Il faut en effet admettre que l'agriculture biologique dans son cahier des charges autorise l'utilisation de pesticides,(cuivres, soufres, insectides, fongicides, etc...)"issus" de "sources" "naturelles". Messieurs les sectaires, nous en reparlerons dans quelques années...
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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J'abonde dans le sens du précédent commentaire: les "bios" ont le droit d'utiliser des pesticides, à la condition que ceux-ci soient d'origine naturelle. Les "bio", par exemple, mettent du soufre (SO2)dans leur vin (comme conservateur) et quelquefois en quantité bien supérieure aux vignerons traditionnels "sérieux". Seuls, les producteurs de vins "naturels" n'ont pas le droit d'en mettre. Mais la tâche s'avère tellement délicate (car il n'y a plus aucun conservateur dans le vin, produit vivant contenant des levures et des bactéries)que j'en ai déjà rencontré qui m'ont avouer "en avoir mis un petit peu quand même, car
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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[suite du précédent message coupé]
...car, quand votre vin arrive à 1g/L d'acidité volatile (le seuil de détection gustative du goût de vinaigre est de 0.65 /0.70 g/L), vous ne vous posez plus de question pour sauver ce vin et avez recours aux sulfites (qui vont bloquer les bactéries). Je l'ai constaté sur des vins "naturels" des millésimes 2005 et 2006 de plusieurs régions de France et 2 de ces vignerons sérieux et connus l'ont reconnu lors de discussions avec moi.
Apparemment la fin de votre intervention a été coupée.
Petite précision sur les vins naturels, c'est un mouvement, une tendance, et non pas une norme ou un label donc il n'y a pas de règles strictes. A propos du soufre, ne pas en utiliser laisse un risque de voir évoluer le vin sur des défauts non recherchés. C'est pourquoi la majorité des vins naturels en contiennent environ 1g/hl, ajouté à la mise en bouteille uniquement.
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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" VIN NATUREL :

Il résulte de la transformation du raisin en vin sans AUCUN additif (sucre, soufre, levure sélectionnée, enzyme...). Les vignerons doivent travailler à n’utiliser que des principes physico-chimiques naturels (froid / chaud, gaz inerte, pression, levure indigène)."
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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En tant que technicien du vin, je tiens à apporter une précision au commentaire de ShowViniste:
Apporter 1g/hl de soufre ne sert absolument à rien: une bactérie est inhibée à minimum 2g et une levure à 4/5 g.
La dose de 1g/hl est la dose de soufre présent naturellement dans le vin, car les enzymzs secrétées par les levures fermentaires fabriquent du SO2 à partir du soufre naturellement présent dans le milieu (sol, thiamines, etc...)
Je vous remercie de votre précision. Donc selon votre affirmation, en rajoutant 1g/hl de soufre, on obtient 2 g/hl de soufre au total. Dose que vous dites active vis à vis des bactéries par exemple. C'est bien cela ?
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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Non, ce n'est pas ça.
Dans le vin, il y a 2 "sortes" de soufre: le soufre libre et le soufre total.
Seul le soufre libre est actif, i.e. peut protéger le vin. Lorsqu'on met 3 grammes de soufre, une partie va être fixée rapidement par l'oxygène et ne sera plus active. Seule la partie restée "libre" jouera un rôle.
Le gramme de soufre présent naturellement dans le vin est totalement inactif.
Le soufre total représente la quantité totale de SO2 qui a été apportée + le SO2 naturel.
Le SO2 se combine au fil du temps (soutirages à l'air particulièrement)et c'est la raison pour laquelle de nombreux vignerons apportent plusieurs fois du SO2 au cours de l'élevage.
Les quantités de soufre maximales autorisées (CEE, viti bio) concernent le soufre total.
Le SO2 se combine dès l'apport dans le vin et on considère que seuls les 2/3 de l'apport sont efficaces.
Ainsi, en apportant un 1g de so2/hl, le vigneron n'apporte que 0.66g de soufre "efficace" pour "lutter" contre les levures et les bactéries. C'est pourquoi je persiste à dire plutôt qu'apporter 1g, autant ne rien faire, car ça ne sert à rien.
Pour bloquer par exemple des bactéries acétiques (responsables du vinaigre) il faut apporter 3g/hl de SO2.
un vin rouge est beaucoup plus résistant aux "agressions" extérieures qu'un vin rouge car les tanins qu'il contient le protège... un peu.
C'est pourquoi on trouve beaucoup plus de vins naturels en rouge. Par contre, un vin sans soufre ayant des restes de sucres (sans avoir été nécessairement chaptalisé) risque de repartir en fermentation dès 13 /14°C. C'est le problème principal qu'on rencontre sur les vins naturels qui deviennent pétillants.
Mais le débat devient peut-être un peu technique?
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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Correction: un vin rouge est plus résistant qu'un vin blanc... Toutes mes excuses!!
Bonjour, je me permets d'intervenir pour dire bravo pour la technicité de vos commentaires! Voilà un billet de passionné: visiteurs, n'hésitez pas à vous inscrire également sur Obiwi!
Olivier, éditeur Obiwi
Ca me parait clair. Je ne sais pas si il faut à ce point être attentif sur le seuil minimal de soufre... Par contre, à la dégustation, il y a une nette différence entre des vins naturels sans soufre ajouté et des vins naturels légèrement soufrés à la mise en bouteille. Pour information, ce sont les vignerons qui me disent ajouter 1g/hl. On peut les croire me semble-t-il.
 
Anonyme
Le 07 janvier 2009
Répondre
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Pour moi, 0 ou 1 gr, la perception est impossible, sauf avec des dons exceptionnels.
S'il y a perception, c'est qu'il y a déjà quelques grammes.
Un vin non soufré sera un peu plus "oxydatif".Attention, ce n'est pas du tout péjoratif!!
Le vin sera de couleur plus foncée et plus rond car le soufre, à doses moyennement importantes, assèche le vin.
Mais j'ai vu des vins avec SO2, en quantité "raisonnable" (3 - 4 grammes) avoir une finesse et un gras supérieur aux vins naturels.
Le problème de beaucoup de vins naturels, c'est que le défaut devient une qualité parce qu'ils sont naturels.
Je me souviens d'un vin naturel du beaujolais que j'adorais. J'en ai commandé au restaurant et le vin était mauvais, victimed'une déviation bactérienne. A l'époque, le vigneron a dû rapatrié chez lui tous les vins qu'il avait vendu. Et traiter son chai pour éliminer la bactérie, ce qui imposait d'utiliser du soufre, et à forte dose.
Dans ce cas, ne faut-il pas mieux utiliser le SO2 à dose raisonnable, en faible quantité, mais garantissant la qualité.
Un vigneron du val de loire qui travaille en traditionnel est interpellé tous les ans par la société des Alcools de Québec car, à l'anlyse des vins qu'il leur vend, ils ne trouve pas trace de SO2 libre, ce qui semble être une catastrophe pour eux. Le vin n'a jamais de problèmes car il a été traité à doses suffisamment importantes pour être protégé et suffisamment basses pour que le consommateur n'est aucun inconvénient. Ma vision des choses est telle que je lui donne raison: Il explique que son exploitation est aussi une entité économique et qu'il ne peut prendre le risque de perdre une récolte.
 
Anonyme
Le 25 janvier 2009
Répondre
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La lecture dans vos colonnes du énième commentaire autour du même article de la revue Test-Achats, me pousse à vous écrire afin de rectifier toute une série d’erreurs et d’approximations.
Vous écrivez « Pour aucun des vins analysés, les quantités de pesticides détectées ne dépassent les LMR ». Quelles LMR ? Il n’existe pas de LMR sur vin. La profession n’en a jamais voulu et pour cause. Il fallait cacher ces résidus susceptibles de gacher notre plaisir sensoriel. Ainsi le vin est à ma connaissance le seul produit alimentaire sur lequel il n’existe aucune limite de résidus légale pour les pesticides. Les consommateurs que défend Test-Achats doivent savoir une chose : aucune contamination d’un vin par des pesticides n’est susceptible de le voir considéré comme non-marchand alors même que c’est le cas pour le dioxyde de soufre ! Ce fait absolument honteux et indéfendable est régulièrement occulté par la profession et la presse spécialisée. Ne contribuez vous pas, vous aussi, à propager l’idée qu’il existe des LMR et que le consommateur est protégé ? Est-ce pour ne pas casser le marché ? Est-ce par manque de travail de documentation ?
Les vignerons bios sont favorables à la définition de LMR sur vins. Cela contraindrait leurs collègues et voisins à limiter leurs traitements pas trés raisonnés, et surtout à maîtriser les dérives de leurs traitements phytosanitaires. Puisque vous vous référez aux études suisses sur les pesticides dans les vins, sachez qu’il existe aussi une étude suisse sur les dérives des traitements des conventionnels et leur impact sur les vignerons bios voisins. Sa publication plus large pourrait inciter les viticulteurs bios à ne plus subir passivement les pollutions et à entamer des procédures contentieuses contre des voisins qui les arrosent gracieusement et copieusement. D’accord pour des contrôles encore renforcés sur les vins bios mais le prix supplémentaire dû à ces analyses devrait être payé par les fabricants de pesticides, selon le principe pollueur-payeur.
Il est clair que la viticulture bio ne se fait pas sous serre, ni dans une bulle. Dans des vignobles à parcellaire morcelé, il est évident qu’avec des analyses fines on pourra trouver des résidus trés faibles dans des vins bios. C’était le cas pour un vin bio dans l’étude de PAN-Europe contrairement à l’information que vous reprenez. La viticulture bio se pratique dans un milieu où l’air ambiant contient des pesticides en suspension tout au long de la période végétative de la vigne ( Cf étude de l’Institut de Veille Sanitaire disponible sur le net). A qui la faute ?
Il y a beaucoup de questions à se poser sur l’étude de Test-Achats : sur les vins choisis, les millésimes, les méthodes d’analyse, etc.. Elle montre de toute façon que les vins bios français sont propres (hormis une coopérative à la traçabilité approximative). Quant aux importations…
Il aurait été plus judicieux de comparer vins bios et non bios d’une même région pour un même millésime. Nous avons le détail de l’étude de PAN-Europe qui est publique et où cette comparaison est faite en partie. Ce qu’elle indique c’est que les teneurs en pesticides dans les vins bio (les rares fois où ils en contiennent) et les vins conventionnels ne sont pas du tout du même ordre de grandeur. Votre affirmation comme quoi « 4 vins bios contenaient des résidus » ne veut donc rien dire. Sauf dans le cas de tricheurs qui doivent être sanctionnés lourdement, les résidus dans les vins bio sont en quelque sorte « un bruit de fond » qui en dit long sur l’état de notre écosystème et les pratiques de ce que vous continuez à appeler l’agriculture « traditionnelle » alors qu’elle n’est qu’une parenthèse chimique en train de se refermer.
Au fait, pourquoi n’avez vous pas plutôt intitulé votre article « les pratiques viticoles conventionnelles polluent certains vins bios ! » ?

Dominique Techer vigneron bio à Pomerol (Gironde)
Je vous remercie de l'intérêt que vous avez porté à cet article et aux détails apportés dans votre commentaire.
Il n'y a en effet aucune LMR pour le vin. C'est bien ce qui est expliqué dans cet article en rappelant à chaque fois que la référence prise est la LMR du raisin de cuve.
Et comme vous le dites, c'est inacceptable.
Je vous invite à consulter mon blog où vous pourrez lire notamment la réaction de la coopérative La Chablisienne :
http://www.showviniste.fr/actu/residus-de-pesticides-dans-les-vins-bio-ca-bouge-enfin/

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