Test
"Parlez-moi de la pluie" ou du temps qui passe
C'est le dernier long métrage du duo Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, "Parlez-moi de la Pluie", sorti dans les salles le 17 septembre. Au sujet du temps gris qu'il fait dans le sud? Oui mais pas seulement...
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Un casting éclectique pour un film chargé en émotion, tel est le pari du film.
Il nous offre le retour aux sources d'Agathe Villanova (Agnès Jaoui) dans la campagne de son enfance. Nouvelle politicienne et surtout féministe, elle revient donc pour dix jours de vacances dans la maison familiale.
Vacances? Pas tout à fait...
Elle est là avant tout pour aider sa sœur à trier les affaires de sa mère décédée un an plus tôt. Mais son chemin croise ceux de Karim (Jamel Debbouze), et Michel Ronsard (Jean-Pierre Bacri). Ces deux "locaux" ont décidé de tourner un reportage sur l'enfant du pays. Sauf que ledit reportage ne va pas se passer comme prévu. Et mettre à plat de vieilles rancoeurs...
Dans ce film, on retrouve le Jamel d'Angel-A de Luc Besson, fort et fragile à la fois, il est autant fissuré psychologiquement que les autres personnages. Jean-Pierre Bacri est égal à lui-même, un arrière goût du Goût des Autres, enchainant maladresse sur maladresse. Celui-là donne du fil à retordre aux spectateurs qui parfois lui "crieraient bien d'être un peu plus sérieux", dixit certains spectateurs interrogés en fin de film. Les gaffes de Michel, on adhère ou pas, mais elles ont le mérite de faire réagir le public!
Agnès Jaoui en féministe joue son rôle avec subtilité et se rend compte que la différence d'amour parental ressentie par sa sœur ne sort pas de l'esprit de cette dernière. Florence (Pascale Arbillot), la sœur délaissée, tente de se raccrocher à son couple qui n'existe plus depuis longtemps.
Mimouna, la femme de ménage ramenée d'Algérie par les Villanova, est également une belle découverte du film, menant la maison avec tendresse malgré le peu de respect accordé par le mari de Florence.
Cette histoire de pluie, hormis le temps du ciel finalement, représente celle du temps qui a passé, que l'on n'a pas contrôlé, et qui a laissé s'accumuler les rancœurs dans un non-dit permanent. "L'humiliation ordinaire" décrié par Jamel stagne souvent dans les rapports entre les personnages: Mimouna et le mari de Florence, Bacri et son ex-femme, entre les 2 soeurs, etc.
Mais 1h38 de film, ce n'est pas 1h38 de pluie.
A la sortie le public est conquis.... A vous de le découvrir!