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Critique
Louise Bourgeois à Beaubourg...
Samedi après-midi, Paris, je prends le bus pour me rendre à Beaubourg où l'on donne à voir l'œuvre de Louise Bourgeois... Je vous propose un compte-rendu subjectif de ma visite.
"Le samedi après-midi à Beaubourg, c'est bon pour les touristes".
R.A.S!
C'est ce que j'ai dit à ma mie aujourd'hui, avant qu'elle ne riposte d'un argument imparable: "ce que tu es mou, c'est pas possible: bouge-toi!"
Dix minutes plus tard je tire la tronche dans un bus bondé... tout le monde s'est donné le mot: cette après-midi il faut être à Hôtel de Ville, parisiens ou pas, pour profiter du quart d'heure de soleil qu'on nous promet depuis le début du printemps... ambiance.
Arrivé sur place, c'est Beaubourg: des centaines de gens sont assis à même le sol, devant le musée, des artistes de rues leur font face, certains ont pointé tôt le matin, les charclos trinquent et les badauds circulent... RAS.
Une visite qui se mérite...
Nous pénétrons dans Beaubourg, une araignée géante nous accueille... sympa -nous nous dirigeons vers le guichet- qui ne prend pas la carte aujourd'hui... mais on peut retirer les 10€ au distrib' La Poste 3 mètres à côté -- je m'exécute dès que le non-parisien posé devant fini d'étudier la machine en position "analyse de tableau"; on monte.
5 ème étage, Beaubourg, y a pas de soleil mais il fait 40°C et on fait la queue pour pas être 300 000 dans les deux petites galeries consacrées à Bourgeois. Vers 17h on n'attend que 10 minutes, on a perdu 1 L d'eau mais on est content de découvrir les œuvres exposées là.
Une expo très "symbolique"
Rapidement on déchante pour se positionner dans le discours de l'artiste. Des installations volumineuses faites de métal, de bois, d'os, de fer, de vitre... occupent l'espace. Je me faufile entre les badauds qui déjà font exprès de gêner ma lecture... pas grave, tout ce qui nous entoure est symbolique, je maîtrise.
J'entr'aperçois un assemblage de bout de bois qui s'appelle "femme volage" et qui tortille un peu de la tranche. Là j'essaie d'en savoir plus sur la période mais un type me bouscule -qui ne l'a pas tant fait exprès que cela- je reste courtois et renonce à lire la moindre explication pour le reste de l'expo.
Ça tombe bien puisqu'on arrive au thème "objets partiels". Bourgeois a du lire Freud et ça se voit. On se balade dans l'inconscient Bourgeois, qui n'est pas piqué des hannetons. Pathos, Eros, Chronos, Os... tout y passe. A mon sens c'est presque trop symbolique, et pas assez personnel. Que celui qui n'a jamais bavé me jette la première pierre.
On continue sur une salle curieuse, toujours avec des cages en fer, des lieux clos faits de vieilles portes en bois. On peut déambuler de l'une à l'autre, et se faire peur en plongeant le regard à l'intérieur. On se sent comme en face d'un univers psychique -ce qui somme toute n'arrive pas si fréquemment- par contre on n'est pas seul, il y a toujours la centaine de personnes qui ont eu la même idée que nous... on s'approche de la sortie...
Série "anthropologique" et période américaine
On finit la visite par un thème que je qualifierais d'anthropologique. Des masques, des séries de dessins, on dirait des quadrillages de tissus humain et puis toujours des empilements, cette fois-ci de textile... la matière de Bourgeois c'est un peu l'idée de la bourgeoisie d'une époque, dont Louise aurait extrait le symbolisme et les codes, pour mieux s'en débarrasser.
On sort par le seul chemin possible: le milieu de la boutique... je mets mes œillères anti-consommation pour ne pas succomber, pas aujourd'hui, pas comme ça... on passe par une série de photos biographiques très bien faites, puis on fonce au 4 ème pour voir la fin de l'expo.
Là on a semé pas mal de monde, parce que c'est très mal indiqué. On passe par l'expo permanente pour arriver à la période américaine de Bourgeois: peintures et textes en anglais... et quelques sculptures qu'on a cru déjà voir. Je commence à saturer, on sort.
Métro ligne 1, on arrive à notre terrasse de quartier, on profite de la dernière table vide... celle qui n'a déjà plus de soleil. Bière pour tous les deux. On parle de Bourgeois, de peinture, de sculpture.
"Dans la peinture on ajoute, dans la sculpture on retranche..." On vient d'assister à une belle "retranche "de vie. Merci Louise.
Note :  (5 notes)
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