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Talent
Entretien avec David Léger Sculpteur à Toulouse
Il vit à Toulouse depuis quatre ans. Tailleur de pierre, portraitiste, sculpteur... Cet artiste vit aujourd'hui de sa passion. Il expose ses œuvres en ce moment à Toulouse et à Castres. Le reste du temps, il faut se rendre à son atelier à Briatexte dans le Tarn, pour découvrir ses créations.
Afrique Marbre Blanc Statuaire de Carrara (Italia) 2004.
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Il y a quatre ans, la brique rose attire David Léger à Toulouse. Depuis, le jeune sculpteur se fraie un chemin sur cette terre inconnue. "Ce n'est pas toujours facile pour moi de vivre ici, il n'y a pas beaucoup de travail. On y trouve surtout l'art roman alors que je travaille plutôt l'art gothique" regrette-t-il.
Sa passion, ses projets
Pourtant ce trentenaire s'accroche à sa passion et ses projets. Ses créations reposent sur l'observation du monde actuel, sur sa vie, et les sensations que lui procure la nature. "J'aime ce qui est organique, les racines, les champignons". Très attiré par le figuratif, son travail dérive peu à peu vers l'abstrait. Un crayon à la main, les idées en tête, David s'exprime d'abord sur du papier, avant de laisser ses mains sculpter la pierre. Tantôt le marbre, sa matière de prédilection, qu'il se procure en Italie et dans les Pyrénées, tantôt le granit venu d'Espagne, cet artiste peut néanmoins toucher à toutes les pierres. "Elles ne me font plus peur!" plaisante-t-il, sans doute grâce à sa solide formation.
Le "Chirurgien" des monuments historiques
A 16 ans, les compagnons de France l'aident à choisir le métier de tailleur de pierre. Le CAP en poche, un ami l'encourage à passer son Bac professionnel Arts de la pierre, puis son brevet professionnel des monuments historiques. Cette dernière expérience lui permet de voyager à travers la France afin de réaliser des travaux de restauration sur des monuments historiques de prestige, notamment le Pont Neuf à Paris, la cathédrale Notre Dame de Paris, les cathédrales de Tours et d'Amiens, et l'Eglise de la Dalbade à Toulouse. "Je suis si fier d'avoir eu accès à des lieux insolites" reconnaît-il. En quelque temps, David devient le "chirurgien" des monuments historiques.
Séjour en Italie
Et puis, il y a l'Italie, la Toscane, Carrare. Parti sur un coup de tête, David pensait y rester quelque mois, il y restera presque cinq ans. Il s'inscrit dans un lycée pour suivre des cours du soir en sculpture et en profite pour 'apprendre l'italien. La journée, il a la chance d'entrer aux Beaux Arts. "Je pensais que cette école était inaccessible mais j'ai pu finalement y rentrer grâce à mes diplômes équivalents". Le jeune apprenti découvre le monde artistique, la terre, le dessin, le moulage, la sculpture. "J'avais près de douze heures de cours par jour en Italie. J'en profitais à fond, je dévorais l'apprentissage" confie David qui retient les rencontres avec ses "maîtres" tels Fabrizio Lorenzani pour le marbre, et Andrea Parsi pour le bronze.
La sculpture d'art
Le jeune artiste revient en France, c'est le début de son évolution vers une branche plus artistique de son métier. Son expérience en tant que chef d'atelier à Orléans lui déplaît fortement. Ce n'est pas ce qui l'anime. Il n'a plus contact avec la matière, mais avec les machines. "Mon objectif était de relever les vieilles pierres sur les monuments historiques et les remplacer, si cela n'allait pas assez vite, mon équipe utilisait les machines". Cet homme admiratif du travail de Bernin et Rodin démissionne pour suivre son destin: l'art. Un déclic, la sculpture d'art. David aime exprimer ce qu'il ressent au plus profond de lui. Patient, perfectionniste, il passe souvent plus de deux mois pour une sculpture, sans compter le travail de préparation. Patient et minutieux, ce Toulousain d'adoption tente d'exprimer tout ce qu'il ne peut révéler autrement. "Le plus dur est donner une âme, une expression à la pierre" explique David. Il fait aujourd'hui partie de la maison des artistes et donne également des cours de sculpture à Briatexte dans le Tarn et à Toulouse. Une façon de faire perdurer son art.
Loréna Martin
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