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A voir
"Femmes peintres et salons au temps de Proust, de Madeleine Lemaire à Berthe Morisot," au musée Marmottan
Le musée Marmottan présent une très belle exposition avec les œuvres de Madeleine Lemaire, Rosa Bonheur, Louise Abbéma, Louise Breslau et Berthe Morisot. A cette occasion, le rez-de-chaussée de ce splendide hôtel particulier se prête à la reconstitution de l’ambiance mondaine et feutrée des salons 1900.
Madeleine Lemaire (1845-1928)
Les Fées, 1908 – Sens, musée de Sens, ancienne
collection Suzette Lemaire
© Cliché E. Berry - Musées de Sens
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Plus d’une centaine de témoignages: tableaux, aquarelles, lettres, bijoux, partitions de musique… sont présentés. Ces œuvres, qui proviennent de collections privées ou des réserves du musée, n’ont pour la plupart jamais été montées au public.
Les salons, un phénomène de société
Aujourd’hui disparus, les salons étaient des lieux privilégiés, animés par des femmes célèbres où se côtoyaient musiciens (Maurice Ravel, Gabriel Fauré, Massenet, Raynaldo Hahn, Francis Poulenc), écrivains (Marcel Proust, Guy de Maupassant, Goncourt, Paul Bourget, Robert de Montesquiou) acteurs (Sarah Bernhardt, Réjane, Jane Hading), peintres (Edouard Manet, Léon Bonnat, Jacques-Emile Blanche) et gens du monde. Ces ateliers mondains étaient prétexte aux chants, aux récitals de piano, à la poésie et à la danse.
L’atmosphère de quatre de ces salons est évoquée par celui de la princesse Mathilde, de Marguerite de Saint-Marceaux, de la princesse Edmond de Polignac et de Madeleine Lemaire.
Le Tout-Paris de l’aristocratie, de la haute finance, des lettres et des beaux arts se retrouve sous la plume de Marcel Proust. Dans ces salons qu’il fréquente assidument, l’écrivain accumule le matériau nécessaire à la construction de son œuvre. Madeleine Lemaire deviendra l’un des modèles de madame Verdurin, la comtesse Greffulhe de la duchesse de Guermantes, et Robert de Montesquiou l’un des modèles du baron de Charlus...
Le salon de la princesse Mathilde
Sous le Second Empire, le salon de la princesse Mathilde, cousine de l’empereur Napoléon III, est le plus important de Paris. Les frères Goncourt, qui en sont des hôtes assidus, le considèrent alors comme «le vrai salon du XIXe siècle, avec une maîtresse de maison qui est le type parfait de la femme moderne». Les écrivains dominent: autour de Paul Bourget, Anatole France, Maurice Barrès, José Maria de Heredia ou Jules Lemaître. En 1881, le jeune Raynaldo Hahn y fait ses débuts de chanteur mondain en s’accompagnant au piano sur des airs d’Offenbach.
Le salon de Marguerite de Saint-Marceaux
Marguerite de Saint-Marceaux, tient pendant plus de cinquante ans l’un des salons les plus importants de la capitale. Colette évoque la «liberté surveillée» de ce salon, où chacun est libre d’écouter la musique, de lire ou de discuter à loisir, sans toutefois dissiper les autres invités.
Outre les peintres et sculpteurs comme Antonin Mercié et François Pompon qui sont reçus par René de Saint-Marceaux, on trouve des écrivains comme Dumas fils, Willy et Colette, Victorien Sardou ou Gabriele d’Annunzio. Plus que la littérature et la peinture, c’est la musique qui domine lors de ces soirées. Marguerite de Saint-Marceaux, interprète favorite de Fauré, invite alors ses convives à des concerts improvisés. Debussy, Fauré, Dukas, Messager viennent jouer du piano. Isadora Duncan y débute, accompagnée au piano par Maurice Ravel. On y retrouve également Ernest Chausson, Francis Poulenc ou Raynaldo Hahn.
Le salon de la princesse Edmond de Polignac
Héritière de l’entreprise américaine de machines à coudre, Winaretta Singer épousera le prince Edmond de Polignac. Elle collectionne alors et soutient aux côtés de son mari un grand nombre d’artistes et de musiciens. On lui doit notamment l’achat, selon Proust, du «plus beau tableau de Claude Monet». Son mécénat demeure associé en musique à Gabriel Fauré, Emmanuel Chabrier, Maurice Ravel ou Manuel de Falla. Les mardis des Polignac sont spécialisés dans la musique et offrent aux invités des récitals des plus grands compositeurs. Parmi les fidèles, on peut voir Raynaldo Hahn, Igor Markevitch. Marcel Proust, Colette ou Jean Cocteau font également partie de quelques réceptions.
Le salon de Madeleine Lemaire, femme peintre
Issue de la noblesse d’Empire, Madeleine Lemaire fut l’égérie d’Alexandre Dumas fils.
Elle accueille dans son atelier-salon: peintres, musiciens, écrivains et «gens du monde».
Le théâtre a une place privilégié: sur la scène installée dans l’atelier se produisent souvent les comédiennes Sarah Bernhardt, Réjane, Jeanne Granier, Jane Hading.
Peintres, écrivains et hommes politiques s’y donnent rendez-vous et l’on peut y voir Victorien Sardou, Robert de Montesquiou, Bonnat, Boldini, la princesse Mathilde, Anatole France, Jean Mounet- Sully, Raymond Poincaré, Paul Deschanel ou Emile Loubet.
Cette exposition vous plongera avec délice dans les salons précieux de cette époque révolue.
Mes coups de coeur:
Les Fées (Madeleine Lemaire), Une chanson (Pierre-Georges Jeanniot), Portrait de la comtesse Raoul de Percin (Pascal Dagnan-Bouveret), Portrait de monsieur Louis Metman (Jacques Emile Blanche).
Magnifique catalogue de 144 pages et 100 illustrations.
Editions Hazan
Prix : 29 euros
Musée Marmottan Monet
2, rue Louis-Boilly
75016 Paris
Jusqu’au 6 juin 2010
Tél.: 01 44 96 50 33
Métro: Muette – Ligne 9
Ouvert du mardi au dimanche
Nocturne le mardi jusqu’à 21h
de 11h à 18h
Fermé le 1er mai
Plein tarif: 9 euros
Tarif réduit: 5 euros
Moins de 8 ans: gratuit
Note :  (2 notes)
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