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Reportage

Delme aura aussi son « Pompidou »

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Le 16/09/10 - Lu 1467 fois - 5 commentaires
Une idée audacieuse, des maquettes délirantes … le projet de bâtiment d’accueil d’art contemporain de Delme ressemble, à s’y méprendre, au faux-débat qui préfigurait la venue du Centre Pompidou-Metz.
L'ancienne synagogue de Delme, transformée en centre d'art contemporain (Crédits photos : Le Monde)
L'ancienne synagogue de Delme, transformée en centre d'art contemporain (Crédits photos : Le Monde)
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Tout a débuté avec la désaffectation de la chambre funéraire située à l’arrière de l’hôtel de ville et de la synagogue. La mairie cherchait une nouvelle vocation à ce bâtiment communal, après celle de lieu de repos des défunts, ou même de geôle, si l’on remonte plus encore le fil du temps. Ce sont deux artistes marseillais, Christophe Berdaguer et Marie Péjus, qui, dans le cadre d’un processus de commande publique, ont soufflé aux élus l’idée qu’ils ont baptisé « Gue (o) st House ».

Il s’agit plus précisément de faire de la vieille bâtisse un espace d’accueil, d’où le terme de « guest », signifiant « invité » en anglais, aux airs franchement fantomatiques, ce qui renvoie à la traduction du terme anglais de « ghost ». La maison serait alors habillée d’une coque blanche en polyester et en mousse de polyuréthane qui semble se disloquer autour des murs, tel un habit en déliquescence et coulant au-delà de la bâtisse comme fondu. A l’intérieur, cette même atmosphère post-apocalyptique flotterait sur les deux niveaux d’une centaine de mètres carrés qui abriteraient une résidence d’artiste et un espace d’accueil des groupes scolaires qui visitent l’ancienne synagogue dévolue de nos jours à l’art contemporain. Espérons que l’endroit ne fasse pas peur aux gamins qui pourraient en faire des cauchemars la nuit …

Le projet a été entériné et voté le 1er juin 2010 en conseil municipal. Estimé à environ 400 000 euros, la mairie recherche actuellement des financements. La commune devrait néanmoins participer à hauteur de 20 %. Par conséquent, elle devra débloquer la modique somme de 80 000 euros sur deux exercices comptables. Sans ce projet résolument tourné vers l’art contemporain, la rénovation du bâtiment coûterait plus cher, puisque bénéficiant de moins de subventions extra-communales.

Une partie de la population semble cependant s’opposer au projet. C’est toujours comme cela. Il faut dire que plus de transparence et d’honnêteté (intellectuelle) des responsables municipaux auraient certainement permis de déblayer un peu le terrain et de faire davantage accepter la reconversion culturel du bâtiment. Rien de surprenant non plus que certains s’interrogent et s’étonnent, compte-tenu d’une communication qui frôle le néant.

Aussi, au vu des proportions que prend cette affaire, nous avons voulu réagir, afin d’apporter notre éclairage et notre vision des choses au débat.

Les opposants estiment que ce projet un peu fou ne va strictement rien apporter aux habitants de Delme, ni à l’économie locale. « Les Delmois ne s’intéressant pas à l’art contemporain ». Autant d’arguments irrecevables et complètements stupides. Quelques opposants ne peuvent en effet prétendre valoir de règle générale à toute une population. Autrement dit, ce n’est pas parce que quelques uns ne s’intéressent pas à l’art contemporain que tout le monde ne s’y intéresse pas ou n’est pas susceptible de s’y intéresser. Avec de tels propos, nous pouvons noter une certaine étroitesse d’esprit, d’ouverture et de curiosité de la part de ces opposants.

Par ailleurs, quand bien même les Delmois ne s’intéresseraient pas à l’art contemporain, les visiteurs et les touristes qui viendraient pour les expositions dans l’ancienne synagogue et aussi, peut-être, pour l’intérêt architectural de la bâtisse relookée à la mode Casper, peuvent eux s’y intéresser.

Encore une fois, comme nous ne cessons de le répéter, il faut y voir un intérêt sur le long terme. Car si les opposants disent qu’il faudrait mieux investir dans des équipements communaux actuellement manquants, comme une salle multi-services, une cantine ou encore une salle des fêtes, de tels investissements pourront être faits après. En effet, les expositions à l’ancienne synagogue et l’espace d’accueil consacré à l’art contemporain devraient attirer de nombreux visiteurs à Delme, ce qui signifie autant d’argent qui rentrera dans les caisses. Et cet argent pourra servir à financer les structures énoncées précédemment. Dans le cas contraire, ces dernières ne pourront pas toutes être financées, faute d’argent.

Par contre, là où nous sommes d’accord avec les opposants, c’est au sujet de l’esthétisme même du bâtiment rénové et du site historique en général, avec la vieille synagogue et la marie juste à côté. Nous avons peur que ce projet fantomatique dénature le centre du village. Il serait de même insultant de toucher le bâtiment concerné par cette affaire, autrement dit l’ancien funérarium, si ce dernier revêt un quelconque intérêt patrimonial. Si ce n’est pas le cas, nous sommes, pour les raisons économiques et culturelles invoquées plus haut, plutôt favorables au projet.
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Le 22 septembre 2010 à 20:23
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La synagogue de Delme est un édifice qui a certainement dû étonner par son style mauresque lors de sa construction en 1881. Celle-ci fut néanmoins détruite par des bombes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Seuls les murs extérieurs subsistèrent. La synagogue fut reconstruite en 1946 et fut ensuite inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Le bourg connut un second choc en 1993 avec la transformation des lieux en centre d’art contemporain, le 26ème du nom en France.

La récente polémique autour de la reconversion du bâtiment communal décrit plus haut en résidence d’artiste fantomatique devrait aboutir à un autre tremblement de terre culturel.

Jamais deux sans trois comme le dit le proverbe.
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Le 23 septembre 2012 à 13:23
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La Gue(ho)st House de Delme a dernièrement été inaugurée par le ministre français de la culture. Cette drôle de maison fantomatique en polystyrène et en résine est sortie de l’imaginaire de deux artistes, Marie Péjus et Christophe Berdaguer, qui ont répondu à une commande publique. Ancienne prison, salle de classe et chambre funéraire, elle est désormais l’annexe du Centre d’art contemporain la Synagogue de Delme. Elle servira de résidence d’artiste et de structure d’accueil du public, notamment scolaire. Moyennant un investissement de 400 000 euros, le bâtiment a subi plusieurs mois de métamorphoses qui lui ont conféré cet incroyable look après avoir fait l’objet de vives protestations de certains Delmois en 2010. Naguère à l’abandon, il est depuis entré dans la liste des endroits les plus extravagants de Lorraine. Si bien que d’aucuns le qualifient déjà de « petit Pompidou », en référence au fameux espace d’art contemporain de Metz de la même couleur.
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Le 29 septembre 2012 à 13:40
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Centre d’art à Plombières-les-Bains

Un centre d’art accueillant des résidences d’artistes et des expositions d’art contemporain devrait ouvrir en mai 2013 à Plombières-les-Bains au sein de la Villa Palladio, imposante demeure de 27 pièces située sur les hauteurs de la cité thermale vosgienne. Le projet est porté par un passionné de patrimoine et de culture qui compte sur le mécénat pour financer l’aventure.
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Le 21 octobre 2012 à 16:26
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Le nouvel espace d’accueil baptisé « Gue(ho)st House », en hommage à un jeu de mots de l'artiste dadaïste Marcel Duchamp : « a Guest + a Host = a Ghost (un hôte + un invité = un fantôme), tranche singulièrement avec les angles historiques de la synagogue de Delme transformée depuis 1998 en Centre d'art contemporain.

L’idée était de réhabiliter une ancienne demeure pour en faire un nouveau phare de l'art contemporain. Cette sculpture architecturale, qui habille la totalité du bâtiment, a été imaginée par les artistes Christophe Berdaguer et Marie Préjus. Des blocs de polystyrène haute-densité ont été assemblés sur la façade et la toiture puis recouverts de résine, avant que le tout ne soit peint en blanc.

Cette œuvre spectrale, visible de la route, met en lumière la synagogue.
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Le 12 décembre 2012 à 21:17
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Le château d’Aulnois-sur-Seille, près de Delme, en Moselle, a été réhabilité en une école primaire de sept classes, une cantine et un accueil périscolaire. Un peu plus de 150 élèves fréquentent l’école des Armoises.

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