marguerite
  • Auteur : marguerite
  • Inscription : Il y a 4 ans
  • Publications : 65
Voir les auteurs Obiwi
Tous les auteurs Obiwi
Ecrire à cet auteur
Coulisses

Arthur Rimbaud: le poème retrouvé

Note : 5 (6 notes)   |  Noter
Noter cet article : 
Le 19/05/08 - Lu 7124 fois - 17 commentaires
L'homme aux semelles de vent nous réserve encore de bien belles surprises... Un inédit de Rimbaud vient d'être retrouvé. Tout est à refaire car c'est une pièce essentielle de l'architecture rimbaldienne.
1 / 1 media
Ce texte vient d'être retrouvé et montre une nouvelle facette de la personnalité de ce poète
maudit.

Les circonstances de la découverte


Un jeune cinéaste, Patrick Taliercio, en repérage pour un film sur Rimbaud, se rend à Charleville et achète chez un bouquiniste une édition du journal "Le Courrier des Ardennes". C'est en feuilletant ce journal qu'il tombe sur un texte s'intitulant Le rêve de Bismarck, Fantaisie, et signé Jean Baudry. Il comprend alors qu'il est tombé sur le texte littéraire le plus important de ce XXIe siècle... En effet rien n'avait été retrouvé depuis plus de 60 ans!

Rimbaud en ce temps-là


Premier pas dans le journalisme que la publication de ce texte de Rimbaud, collaboration au "Courrier des Ardennes" en 1870. Il venait d'écrire Le dormeur du Val.
Voici l'histoire: Bismarck qui fume sa pipe médite en regardant la carte de France, puis il s'endort avec le doigt sur Paris, et se reveille, le nez carbonisé par sa pipe incandescente... Moralité: il ne fallait pas rêver les yeux ouverts à la conquête de Paris.

Voici un extrait:

"Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine! Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse!... (...) Hi! Povero! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent... (...) Fini, le rêve glorieux!".

Un texte politique avec un phrasé poétique incroyable. Un texte qui raille l'envahisseur prussien avec beaucoup d'ironie.
Il ne fait pas pour autant de Rimbaud un patriote car c'était plutôt un texte de circonstance (n'oublions pas que Rimbaud jubilait lorsque les bombes tombaient sur Charleville, par ailleurs il est à l'origine du mot "patrouillotisme").

La presse garde le silence sur cette découverte, la malédiction continue... Seuls Jérôme Dupuis (L'Express) et Marc-Edouard Nabe (La Quinzaine Littéraire), et ce soir Frédéric Taddéi, en ont parlée.
Note : 5 (6 notes)
Noter cet article : 

Envoyer cette page à vos amis

Destinataires

Séparez les adresses e-mail
par des virgules
Votre message


Votre nom


Votre e-mail


Entrez le code visible ci-dessous :

CommentairesEcrire un commentaire

gregdarbus
gregdarbus
Le 20 mai 2008 à 01:27
Répondre
Signaler un abus
Je n'avais effectivement pas encore entendu parler de cette histoire (je vous rejoints quand vous parlez de malédiction... il est vrai que Rimbaud... personne n'en voulait à l'époque!), c'est incroyable ce quasi silence de la part des médias! Je suis persuadé qu'à l'étranger les passionnés de littérature se délectent de cette trouvaille. Au diable le mépris, je partage avec vous et avec quelques autres, je l'espère, la jubilation de lire un texte inédit de ce sacré Rimabaud!
laf
laf
Le 20 mai 2008 à 09:37
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
Hallucinant ! Merci Margo !
 
(Non inscrit)
Le 20 mai 2008 à 09:53
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
"Je fis un voeu : mes ailes d'Empyrée toutes trouées
Ma fiole couverte de l'or des horizons funestes
Et célestes me mirent de glace en échos nets
Je vis un feu où se regardait l'oiseau des rouées."
(Rimbaud)
 
(Non inscrit)
Le 20 mai 2008 à 11:27
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
(Le "rêve de Bismarck" récemment découvert est un faux)

C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s'échappe un filet bleu.


Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle, il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg : il passe outre.



A Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées, et s'arrête…


Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine !



- Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse !



Bismarck médite. Tiens ! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris.



Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage, enfin, de s'arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile.



Paris ! Paris ! Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert, que, doucement, la somnolence s'empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir…



Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent… Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe…, Hi ! povero ! Son index était sur Paris !… Fini, le rêve glorieux !



Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate !



- Cachez, cachez ce nez !



Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais

Voilà ! fallait pas rêvasser !

(Rimbaud)

=======

(Et voici encore un faux attribué à Rimbaud)

Je fis un voeu : mes ailes d'Empyrée trouées,
Ma fiole pleine d'or aux horizons funestes
Sur fonds célestes mirent la glace en écho nets.
Je vis un feu où se regardaient l'oiseau des rouées !

Sur fonte des fêtes, je monte, râle aux vaux
Ravalant mes maux, ivre aux vives défaites,
La rime brise la vague, l'écume en arête
Vire au lentes langueurs ébranlées des roses eaux.

(Rimbaud)
lotus
lotus
Le 20 mai 2008 à 12:17
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
Il faut toujours un anonyme pour dénoncer les falsifications... c'es très amusant mais, cher anonyme, il faut cette fois-ci s'incliner et accepter... l'esprit de Rimbaud souffle!
 
(Non inscrit)
Le 20 mai 2008 à 12:34
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
Je ne suis pas un anonyme, je suis Raphaël Zacharie de Izara et mes sources sont sûres puisque j'ai moi-même déjà été impliqué dans ce genre d'affaire à propos d'un prétendu indédit de Maupassant... L'inédit de Rimbaud est un faux ! L'auteur d'un des coups montés les plus audacieux de ces dernières décennies s'est manifesté sous le pseudonyme (d'un goût douteux) de "Jean Daube Rit". De source indiscutable, l'imposture a été prouvée auprès d'un certain journaliste parisien collaborant à la rédaction d'une célèbre revue littéraire (et qui a préféré -on le comprend- garder l'anonymat). Le faux a été effectué grâce à la recomposition frauduleuse d'archives anciennes à l'aide de vieilles feuilles vierges (authentiques celles-là) ajoutées à la revue en question qui aurait été ensuite "retrouvée" chez un bouquiniste de Charleville-Mézières. Affaire à suivre... Piégé comme les autres, Nabe hier soir dans l'émission de Taddéi sur France 3 a pour la première fois lu ce faux à l'adresse de millions de crédules : Le rêve de Bismark C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s'échappe un filet bleu. Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle, il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg : il passe outre. A Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées, et s'arrête… Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine ! - Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse ! Bismarck médite. Tiens ! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris. Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage, enfin, de s'arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile. Paris ! Paris ! Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert, que, doucement, la somnolence s'empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir… Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent… Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe…, Hi ! povero ! Son index était sur Paris !… Fini, le rêve glorieux ! Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate ! - Cachez, cachez ce nez ! Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais Voilà ! fallait pas rêvasser ! (Rimbaud)
 
(Non inscrit)
Le 20 mai 2008 à 13:07
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
Le texte intégral parait dans la revue Agone le vendredi 23 mai : tous à vos (bons) libraires :
http://atheles.org/agone/revueagone/agone38et39/
 
(Non inscrit)
Le 20 mai 2008 à 17:44
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
Bonnefoy a décrit que le silence de Rimbaud en afrique était lourd de sens à l'encontre des rhétoriques bavardes
http://agoras.typepad.fr/regard_eloigne/
 
(Non inscrit)
Le 20 mai 2008 à 22:25
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
Voilà : je suis l'auteur de cette imposture qui est en train de prendre des proportions énormes. J'en frémis d'horreur. Et d'aise. Je n'en suis pas à mon coup d'essai il est vrai : j'avais déjà fabriqué des faux documents littéraires à propos de Maupassant et de Hugo, pour ne parler que des plaisanteries un peu consistantes (publiées sur support papier "authentique", donc)... Bien entendu mes potacheries n'avaient jamais marché, du moins pas au point de déranger les cercles officiels. Jusqu'à ce que je m'essaye à un "faux Rimbaud". Cette fois la supercherie a été prise au sérieux, trop. Beaucoup trop, à hauteur inconsidérée de la folie furieuse des médias souvent prompts à s'emballer à la moindre alarme littéraire ! Les seuls responsables sont les "spécialistes" crédules relayés par les journalistes pressés de vendre de l'information et non l'auteur de cette malicieuse falsification. Je ne me considère pas comme un faussaire au sens judiciaire du terme mais comme un aimable gredin qui a ouvert sa cage à plumes que le vent médiatique a emporté plus haut que prévu. La blague sera de toute façon utile : elle permettra de remettre les pendules à l'heure chez les prétendus spécialistes de Rimbaud. Pour la partie strictement littéraire la rédaction du texte "à la Rimbaud" fut l'étape la plus facile et la plus plaisante de l'entreprise. Un peu plus complexe -mais à la portée de tout bon faussaire un peu habile- fut de confectionner un faux matériel sur vieux papier. Le faire entrer ensuite dans un circuit classique afin de lui donner la "patine onirique" nécessaire à sa crédibilité (grenier de particulier, bouquiniste, antiquaires) à travers un protocole plausible ne demande pas une grande imagination, au contraire ! Découvert par un cinéaste sur les traces de Rimbaud (comme le hasard fait bien les choses, n'est-ce pas ?) le document fut fatalement récupéré "dans les règles de l'art". La presse n'avait plus qu'à prendre le relais. Et voilà comment un gentil farceur se retrouve avec une méchante affaire sur les bras !
laf
laf
Le 20 mai 2008 à 23:04
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
Raphaël, je t'ai google-lysé... cerné en 3 minutes. Dans trois paragraphes je t'aurai oublié.

Tes actes son bas et ta plume facile. Ta psychose n'impressionne que toi et je pense que le personnage que tu t'es créé ne tient pas à l'épreuve de la réalité. Au courage il te manque les actes, à la verve le talent. Décapité du capiton, tout se dresse à tes pieds, mais qu'un travers viril s'impose à ton délire et le petit Raphaël ira pleurer, toutes vannes ouvertes, dans les jupons de la première mère venue.

Faire des faux n'est pas l'exercice des gentils farceurs comme tu veux le faire penser... mais des piètres frustrés jamais appelés par les ondes heureuses d'une passion sans ego et qui révèle le talent de l'artiste, du créateur. Personne n'est dupe, hélas.

Pauvre Raphaël qui dans sa tour d'ivoire, ne peut ni ne veut sentir la vie... à elle il préfère sa vie... mais dans la vie Raphaël, la seule vérité est la sensation. Si tes perceptions s'y trompent, c'est une raison déraisonnable que tu nous donnes à voir. Ridicule, voilà ce qui nous apparait de ton attitude. J'espère qu'une âme clémente enlèvera les coordonnées que tu donnes en fin de commentaire... j'ai bien peur que le retour ne soit pas celui auquel tu t'attends.

Bon courage,
LAF
 
(Non inscrit)
Le 22 mai 2008 à 19:21
Répondre
Signaler un abus
En réponse à gregdarbus :
REPONSE A JEAN-JACQUES LEFRERE

Monsieur l'éminent spécialiste de Rimbaud Jean-Jacques Lefrère me taxe d'hurluberlu. C'est de bonne guerre. Il défend sa cause, n'est-ce pas légitime ? J'assume totalement les volées de bois vert que l'on me destine. Je m'expose au feu, il est naturel que j'en endure les effets. En outre le qualificatif "hurluberlu" est plutôt aimable. Bien entendu, pas question de m'attaquer aux personnes dans cette affaire. Le débat doit porter sur l'objet du délit littéraire, non sur les protagonistes. Chacun a le choix de ses armes : la vérité pour moi, la mauvaise foi pour les autres.

Il va de soi que je respecte tous mes détracteurs, quels qu'ils soient. Avec férocité certes je continuerai à défendre ma version, mais dans les règles strictes de la courtoisie.

Glorieux ou vaincu, déchu ou grandi, je saluerai avec la même flamme mes adversaires.

L'esprit chevaleresque précédera toujours mon glaive izarrien.

Raphaël Zacharie de Izarra
lotus
lotus
Le 22 mai 2008 à 22:58
Répondre
Signaler un abus
Et moi aussi! Moi j'y crois à ce poème peu importe ce que disent certains dont ce monsieur à l'égo surdimendisionné et surtout inconnu au bataillon... de la littérature!
Lisez l'article d'aujourd'hui sur le site du figaro à ce sujet! Et bravo à Marguerite d'avoir sorti l'info avant bien des médias traditionnels!
 
(Non inscrit)
Le 23 mai 2008 à 21:24
Répondre
Signaler un abus
En réponse à lotus :
LA SCIENCE AU SECOURS DES LETTRES !

(J'ai appris que le document en question devra certainement être analysé afin de déterminer avec certitude si c'est un faux ou au vrai...)

J'ai déjà répondu aux questions de mes détracteurs à maintes reprises et ma réponse ne varie pas : la preuve de ce que j'avance est au fond des éprouvettes des chimistes actuellement affairés autour de la "géniale trouvaille".

Tout de même... Déterminer la paternité d'un texte littéraire à l'aide d'un scalpel de technicien, d'un double-décimètres de matheux et de gants de chirurgien, quelle tristesse ! A quelle lamentable pitrerie les exégètes de Rimbaud se livrent-ils ? Pour en arriver là, faut-il qu'ils soient bien ignorants de la littérature !

Incapables de trancher une bonne fois pour toutes grâce à leur seul jugement esthétique, ils en sont réduits à recourir à des analyses scientifiques pour déterminer si ce texte est d'origine rimbaldienne ou izarrienne !

Rimbalesquement vôtre.

Raphaël Zacharie de Izarra
 
(Non inscrit)
Le 31 mai 2008 à 17:22
Répondre
Signaler un abus
En réponse à lotus :
La seule chose que tu peux prouver ce qu on peut IMITER le style d un auteur
Bref tu as montré qu etre un perroquet c etait facile
Mais ca on le savait deja !
Inventer creer c est une autre facture
Un niveau superieur que ton ego surdimensionné ne peut voir
meme de loin
allez le niveau du perroquet c est deja pas mal
En plus Zacharie c et un joli nom pour un volatile pretentieux !
Je sais c est dur d exister meme pour un perroquet !
 
(Non inscrit)
Le 31 mai 2008 à 17:24
Répondre
Signaler un abus
En réponse à lotus :
je suis pas anonyme je suis cosmo
 
(Non inscrit)
Le 17 novembre 2008 à 12:23
Répondre
Signaler un abus
*** Rimbaud et ses faux embrouillages ***

L'histoire pourrait sembler très complexe.

Elle est simple. Absurdement simple. On avait découvert en avril 2008 un joli texte inédit de Rimbaud dans une bouquinerie de Charleville-Mézières publié sous le pseudonyme de Jean Baudry (presque anagramme de Rimbaud). "On", c'est à dire le cinéaste Patrick Taliercio qui était justement en repérage sur les lieux où avait grandi Rimbaud pour un projet de long métrage consacré au poète. Un témoin clé que personne n'a jamais vraiment entendu puisqu'il a "une frousse bleue de la télévision"... On a donc laissé ses intermédiaires s'émerveiller de la trouvaille.

Là où l'affaire devient complexe, ou plutôt limpide, c'est lorsque dans la foulée est apparu le nom d'un certain Raphaël Zacharie de Izarra...

Qui ne connaît pas ce faussaire hors pair au culot monstre ? Dans le cercle des collectionneurs, on fuit comme la peste ce roi de l'entourloupe littéraire.

Capable du pire en allant jusqu'à élaborer des mises en scène très sophistiquées parfois préparées des années à l'avance (ce qui fut le cas pour cet inédit de Rimbaud) grâce à des complicités toujours discrètes, ce Narcisse invétéré affectionne les feux médiatiques.

Sa spécialité : ridiculiser ceux qu'il aime à définir comme les "exégètes de la cause littéraire". C'est son credo, son délire, sa folie furieuse. Chacun ses obsessions... Bref, dès que les vrais amateurs ont su qu'il était mêlé à la découverte, les enthousiasmes les plus vifs sont retombés dans des bruits d'enclumes. La "Plume" avait fait son oeuvre.

(Une "Plume" avec une majuscule, c'est ainsi que s'est auto proclamé notre Machiavel des bibliothèques).

Il faut au moins lui reconnaître ce talent inné pour débusquer les imposteurs. Mais à quel prix ?

Le personnage ne fait jamais dans la demi-mesure et même plutôt dans le char d'assaut. C'est ce que je lui reproche.

Raphaël Zacharie de Izarra a poussé la (mauvaise) plaisanterie jusqu'à laisser s'auto gonfler la baudruche médiatique, décidément très extensible, sans qu'elle n'éclate jamais.

Du moins pas encore.

Le plaisantin est si redoutable qu'entendre ne serait-ce que l'écho de son nom devant une montagne de lingots d'or, c'est l'assurance de trouver du plomb derrière une pellicule dorée. Amateur de trésors retrouvés, si vous oyez le nom de ce faussaire ou simplement entrapercevez l'ombre de ses initiales, le reflet de sa particule -dont il est particulièrement fier-, les contours de sa plume suspecte, perdez toute illusion ! Il est mouillé dans tant de tentatives ratées mais surtout d'entreprises réussies de fabrications de faux, et non des moindres, que vous pouvez êtres certains d'avoir été bernés.

Le spécialiste français de Rimbaud Jean-Jacques Lefrère qui, comme beaucoup de ses confrères a foncé tête baissé aurait dû faire preuve de plus de prudence et de professionnalisme dès lors que le nom de Raphaël Zacharie de Izarra a commencé à circuler.

L'inédit de Rimbaud est un faux. Vous voilà prévenus. Je ne m'ingénierai pas comme certains à rendre complexes des choses simples. Le faussaire est si pernicieux dans sa volonté d'embrouiller les esprits que ce serait lui faire trop d'honneur que de tenter de dénouer à grands cris ce qui s'avère n'être que du vent.

Les naïfs qui pour toute caution se réfugient derrière les ors d'une "académie verveuse" relayée par la télévision dans des émissions littéraires et adoptent encore la version rassurante pleine d'érudition d'un Jean-Jacques Lefrère imperturbable s'en mordront les doigts.

Jacques Quentin pour "Ouest France", novembre 2008

Note de l'auteur au sujet de Raphaël Zacharie de Izarra :

Il y a encore trop de journalistes crédules, victimes des machinations de ce faussaire sans scrupule, qui diffusent en toute bonne foi mais sans aucune conscience professionnelle ses fausses nouvelles toujours spectaculaires. Il est urgent de dénoncer l'imposture de ce faussaire certes talentueux mais qui semble ne connaître aucune limite. Je connais Raphaël Zacharie de Izarra à travers ses frasques médiatiques rapportées depuis plusieurs années par les quotidiens de l'Ouest (il est du Mans, je suis de Rennes). Il s'est spécialisé depuis une quinzaine d'années dans le faux littéraire et à déjà produit quelques "inédits" célèbres.

JQ
 
(Non inscrit)
Le 17 avril 2010 à 00:51
Répondre
Signaler un abus
PHOTO DE RIMBAUD : JE SUIS L'AUTEUR DE CETTE NOUVELLE MYSTIFICATION

Je constate que certains journalistes sont plus avisés que d'autres. J'ai eu l'heureuse surprise de dénicher un article de Jacques Quentin http://fauxrimbaud.blogspot.com/ qui parle de moi avec grande lucidité... Je trouve fort flatteur qu'un journaliste (de province) un peu plus futé que les autres ait l'audace d'avancer une thèse fort pertinente à propos de cette nouvelle "découverte", à savoir que je serais l'auteur d'une énième farce médiatique à base d'Arthur ... Il faut dire que ce Jacques Quentin connaît bien son gibier : c'est à ma connaissance le seul qui a dénoncé en toutes lettres et sans la moindre ambigüité l'énorme plaisanterie izarrienne au sujet du "Rêve de Bismarck". C'était en avril 2008.

Cette fois je n'ai même pas eu besoin d'aller répandre des alarmes sur la toile en expliquant que je suis effectivement l'auteur d'un nouveau coup monté concernant cette photo : ce journaliste provincial à la tête froide s'en est chargé à ma place... C'est dire la profondeur de ses intuitions ! Il est vrai qu'il connaît bien son cher IZARRA, mystificateur obsessionnel à but strictement égocentrique : il ne me fait aucun cadeau quand il s'agit de me disséquer de sa plume tranchante comme la vérité, me sachant sur ce point aussi avare de pincettes à l'égard des exégètes crédules que je m'amuse à faire braire avec mes espiègleries rimbalesques de qualité quasi professionnelle répandues à grande échelle médiatique...

Mes détracteurs apprécieront.

Raphaël Zacharie de IZARRA

=======

L'article de Jacques Quentin à mon sujet :

LES DESSOUS DE LA PHOTO DE RIMBAUD : IZARRIMBAUD ?

Elle lui ressemblait comme une fille peut ressembler à son père.

Avec la bonne foi, la sincérité de son âme entière, de son coeur franc (fatalement lucides), le public ne s'y était pas trompé. La France était convaincue !

Sauf que les tests ADN avaient rendu leur verdict, pétrifiant : désaccord génétique total et définitif entre la fille et son prétendu géniteur.

La douche froide.

Qui ne se souvient pas de cette douloureuse affaire Aurore Drossard, fille imaginaire de Montand ? La leçon, authentique cas d'école, doit nous inciter à adopter à l'avenir la plus extrême prudence dans ce genre d'information où la subjectivité peut brouiller les pistes les mieux balisées.

Or, avec le dernier avatar concernant Rimbaud, nous sommes dans un processus médiatico-hystérique exactement inverse : cette fois ce sont les "spécialistes" qui, enivrés de doctes fumées, se sont eux-mêmes convaincus. Et de quoi donc me demanderez-vous ? Du pire : la mine patibulaire d'un Rimbaud aux antipodes de sa légende esthétique.

La pilule à du mal à passer chez les vrais-faux admirateurs du poète de Charleville qui, avec ce bon sens inné caractérisant les profanes et les ignorants, doutent.

La découverte de la photo date de deux ans. Troublant : à la même époque un certain Izarra criait à qui voulait l'entendre -et nul ne semblait vouloir prêter sérieusement l'oreille à ses élucubrations- qu'il était l'auteur du "Rêve de Bismarck", un autre inestimable trésor rimbaldien sauvé des rebuts d'un bouquiniste de Charleville-Mézières. Décidément, le hasard facilite bien des choses dans l'environnement de cet énigmatique Izarra...

Mais revenons à la tête de Rimbaud. Les spécialistes dont le fameux Jean-Jacques Lefrère se sont basés sur quatre de ses photos (plus ou moins nettes) déjà connues et reconnues pour établir un nouveau dogme avec cette vertigineuse certitude propres aux exégètes de leur niveau, élevés au pain blanchit. La farine universitaire a d'incontestables vertus de salubrité intellectuelle... Bref, c'est avec la même conviction, pour ne pas dire la même ferveur que le "Rêve de Bismarck" fut décrété authentique.

Rien n'est plus ressemblant à un portrait qu'un autre portrait, pour peu que le coeur s'emballe. On s'interrogera sur les méthodes employées par ces imprudents spécialistes cherchant à faire passer à la postérité le visage d'un parfait anonyme confondu avec Rimbaud sous le prétexte d'une enseigne d'hôtel en guise de (fausse) piste aux stars du Parnasse, de chasse aux mythes... Bertillonnage ? Identification judiciaire ? Tests ADN ? Les rieurs riront.

Les convictions pour le moins subjectives -autant dire hautement fantaisistes- de Jean-Jacques Lefrère et ses disciples sont une bonne gifle pour nous rappeler qu'à travers ce genre de révélation sensationnelle pleine de flou artistique lié à l'univers de Rimbaud, un Izarra peut toujours en cacher un autre.

Les érudits échaudés ajouteront : aujourd'hui plus qu'hier.

Méfiance donc.

Jacques Quentin
jacquesquentin@hotmail.fr

ARTICLE ORIGINAL : http://fauxrimbaud.blogspot.com/

Lire aussi "Rimbaud et ses faux embrouillages" : http://fauxrimbaud.blogspot.com/2008/11/rimbaud-et-ses-faux-embrouillages.html

Ecrire un commentaire

Votre pseudo:
Entrez le code visible ci-dessous :
 
Participer
  • Publier sur un media reconnu
  • Bénéficier d'invitations aux événements
  • Rejoindre une communauté de passionnés
Devenir membreDéjà inscrit : Connexion

Inscription newsletter Obiwi

Recevez l'information sur vos passions
E-mail :

Publier un article

  • Echanger sur vos passions, vos bons plans
  • Une équipe vous aide à rédiger un contenu pour la communauté
S'inscrire pour publier un contenu
Liens commerciaux