Coulisses
Arthur Rimbaud: le poème retrouvé
L'homme aux semelles de vent nous réserve encore de bien belles surprises... Un inédit de Rimbaud vient d'être retrouvé. Tout est à refaire car c'est une pièce essentielle de l'architecture rimbaldienne.
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Ce texte vient d'être retrouvé et montre une nouvelle facette de la personnalité de ce poète
maudit.
Les circonstances de la découverte
Un jeune cinéaste, Patrick Taliercio, en repérage pour un film sur Rimbaud, se rend à Charleville et achète chez un bouquiniste une édition du journal "Le Courrier des Ardennes". C'est en feuilletant ce journal qu'il tombe sur un texte s'intitulant Le rêve de Bismarck, Fantaisie, et signé Jean Baudry. Il comprend alors qu'il est tombé sur le texte littéraire le plus important de ce XXIe siècle... En effet rien n'avait été retrouvé depuis plus de 60 ans!
Rimbaud en ce temps-là
Premier pas dans le journalisme que la publication de ce texte de Rimbaud, collaboration au "Courrier des Ardennes" en 1870. Il venait d'écrire Le dormeur du Val.
Voici l'histoire: Bismarck qui fume sa pipe médite en regardant la carte de France, puis il s'endort avec le doigt sur Paris, et se reveille, le nez carbonisé par sa pipe incandescente... Moralité: il ne fallait pas rêver les yeux ouverts à la conquête de Paris.
Voici un extrait:
"Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine! Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse!... (...) Hi! Povero! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent... (...) Fini, le rêve glorieux!".
Un texte politique avec un phrasé poétique incroyable. Un texte qui raille l'envahisseur prussien avec beaucoup d'ironie.
Il ne fait pas pour autant de Rimbaud un patriote car c'était plutôt un texte de circonstance (n'oublions pas que Rimbaud jubilait lorsque les bombes tombaient sur Charleville, par ailleurs il est à l'origine du mot "patrouillotisme").
La presse garde le silence sur cette découverte, la malédiction continue... Seuls Jérôme Dupuis (L'Express) et Marc-Edouard Nabe (La Quinzaine Littéraire), et ce soir Frédéric Taddéi, en ont parlée.