Critique
Histoire de polar "vrac": "South Bronx "d'Abraham Rodriguez
Oui, j'ai bien dit: "VRAC"! Attention, j'adore les polars, je suis fan, ce sont mes livres de chevet, je kiffe à donf', je suis à fond ... Mais là, j'ai été victime d'une grosse "surprenure"!
341 pages d'un bon gros polar, qui plus est, écrit par un certain "Abraham Rodriguez" (ça ne s'invente pas!), le tout annoncé comme un régal d'écriture, (on parle même de littérature et de poésie)... de quoi titiller mes papilles intellectuelles rompues à l'exercice du roman policier (j'ai lu tout Agatha Christie, c'est dire!)
Et là, je tombe sur une histoire sans histoire, ou plutôt, un mélange intempestif d'histoires qui n'ont pas l'air de se parler entre elles, où les personnages semblent débarquer d'un autre livre... que même la typo change en cours de route, et même que l'auteur se prend des libertés de ne pas mettre de "cap" après un point, de ne pas finir ses phrases, de faire des drôles de paragraphes, comme des trous dans la pensée, de te balancer des noms propres qui ne commencent pas par une majuscule, qui te plante en cours de route des photos et des images pour illustrer le CV d'une danseuse hitlérienne ou de Marlène Dietrich (va comprendre!)...
Ou alors, c'est que le rhum portoricain ou la téquila sont sortis des pages pour m'envahir, accompagnés de la fumée des "clopes" qui sont comme un calumet de la paix entre le policier un peu "à l'ouest" et l'agent du FBI qui voudrait bien connaître la vérité et qui se méfie...
Tout ça, c'est rondement écrit, ça part dans tous les sens mais le style est bluffant, par ses descriptions à l'emporte pièce, le mélange des pensées et des actes, du réel et de l'imaginaire, et cette fille... qui est finalement le lien, la passerelle, le fil conducteur entre les antagonistes qui se croisent au fil des pages, sans savoir qu'ils se connaissent déjà et qu'ils partagent la même histoire (d'ailleurs, on ne le sais pas non plus!), le duo Mink et Monk, artistes déjantés et talentueux, bref, tout un monde qui s'agite dans ce Bronx profond, tous ensemble et chacun de son coté, chacun dans son monde et finalement, chacun à sa place, celle qui lui a été déterminée par l'histoire (mais ça non plus, on ne le comprend pas tout de suite!)
Un polar pas comme les autres, ça c'est sûr, j'ai un peu galéré pour m'en sortir, j'avoue, mais quand même, ce "Serpent à Plumes" d'Abraham Rodriguez, c'est pas rien!
South Bronx, d'Abraham Rodriguez.
Editions Le Serpent à plumes. 21 euros.