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Et vous, que lisez-vous? "Corps en miettes", pour une philosophie du respect

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Le 22/10/09 - Lu 1355 fois - 17 commentaires
"La femme n'est pas un outil vivant", c'est ce cri du fond de la pensée comme du fond du ventre qui est poussé et très au-delà, argumenté, démontré, décortiqué remis dans la perspective d'une société qui s'oublie dans la consommation.
Sylviane Agacinsky, philosophe.
Sylviane Agacinsky, philosophe.
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"La barbarie a toujours été moderne, toujours nouvelle, toujours actuelle. Nous progressons parfois vers elle sans le vouloir, aveuglés par les "progrès" de la puissance technologique et les ruses du marché.
Tout est possible, tout doit être possible pour satisfaire la demande de l'individu,..."

Voici les premiers mots de l'avant-propos de "corps en miettes", le dernier essai publié par Sylviane Agacinski chez Flammarion. Philosophe, enseignante à l'École des hautes études en sciences sociales, elle produit-là un ouvrage passionnant sans être difficile qui pose la question ou plutôt les questions nombreuses, diverses et parfois contradictoires, soulevées par la procréation assistée, voire remplacée en utilisant des corps de femmes, des morceaux de corps d'hommes.

Elle travaille depuis très longtemps sur les relations entre les sexes, et les relations familiales.
À la pratique des mères porteuses, elle répond non, s'insurge contre le discours faussement généreux de ceux qui vendent ce qu'ils demandent aux femmes de donner. Elle s'interroge également sur le sens du don.

Fragmentation des parents, fragmentation du désir, fragmentation des enfants, tout cela ne saurait être subi sans réaction.

Sylviane Agacinski défend une dignité particulière et propre à l'humain, dignité des personnes et de leur corps. Elle replace cette actualité, notre biotechnologie, dans un vaste contexte historique qui permet d'en comprendre la lignée.

Elle nous offre un regard politique, au sens d'une organisation de la société et des pouvoirs qui la régissent, social, historique, anthropologique et l'héberge dans une conviction philosophique généreuse et critique.

C'est un ouvrage court de moins de 150 pages qui se lit en quelques heures et donne matière à penser non seulement la place des femmes mais celle du travail, du progrès technologique, de la générosité, du désir, de l'enfant, de la consommation...Des repères rassurants, rappelant que nous sommes des êtres de nature et de pensée tout à la fois, et que cela ne saurait s'oublier.

Écrit comme la réflexion brillante de l'auteur, de façon précise et claire, c'est un ouvrage à ne pas manquer, à lire et à offrir.

Sylviane Agacinski
Corps en miettes
Flammarion - collection Café Voltaire - 12€

D'autres ouvrages :

Métaphysique des sexes
masculin / féminin aux sources du christianisme
Engagements
de la différence des sexes
de Sylviane Agacinski

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Participez à notre animation littéraire "Et vous, que lisez-vous en cette rentrée littéraire?" en partenariat avec BSCnews magazine
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Anonyme
Le 23 octobre 2009
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Réalités en pièces : une analyse du livre « Corps en miettes » de S. Agacinski

Ce livre calomnie la gestation pour autrui et apparaît comme un florilège d’omissions, de réalités mises « en pièces » et… de déni. Dès l’introduction, le ton est donné par la citation du livre « Baby business », de Deborah Spar présentée comme une pointure sur le sujet et dont la conclusion serait que les corps de pauvres femmes seraient exploités par l’industrie biotechnique. Dès lors, la tentation est grande de passer directement à cet ouvrage cité, car quel serait l’intérêt de lire un recueil de lieux communs, qui plus est de seconde main ? Question inutile dans les faits, car le livre de D. Spar, professeur d’économie et non de sociologie, développe une toute autre thèse. Dans les affaires de parenté, D. Spar argumente qu'il est temps de reconnaître la vérité commerciale au sujet de la reproduction et d'établir des normes qui régissent ses transactions. Des histoires fascinantes illustrent le fonctionnement intérieur des segments de ce marché : recherche sur les cellules souches, dons de gamètes, gestation et procréation pour autrui, diagnostic préimplantatoire, adoption, et clonage humain, et servent de base à un inventaire des défis moraux et législatifs que notre société va devoir traiter. En résumé, il n’y a rien dans le livre de D. Spar pour alimenter la thèse d’une nouvelle lutte des classes entre mères porteuses en détresse et riches couples corrupteurs comme voudrait nous le faire croire S. Agacinski. En une centaine de pages, par une association de clichés sans lien logique, S.A. tente de justifier bien laborieusement sa thèse a posteriori. A tel point qu’il devient moins pénible de commencer la lecture par la fin pour tenter d’y comprendre quelque chose.

Elle nous explique ainsi qu’une femme qui donne la vie comme une machine à fabriquer les enfants subit une des pires formes d’aliénation. Difficile de comprendre le sens d’une telle déclaration car soyons humbles : personne ne donne la vie, on ne fait que la transmettre. Ensuite, l’infertilité ne serait pas une pathologie et il n’y aurait que des ignorants pour croire que l’on peut soigner une personne en utilisant les organes d’une autre (expression répétée jusqu’à la nausée pour tenter de susciter des peurs chez les biens pensants). L’infertilité est en fait reconnue par l’OMS comme une pathologie et le texte fondateur de l’OMS ne parle pas seulement de soigner des pathologies, mais aussi de « bien-être ». Par ailleurs, la médecine a besoin souvent du corps d’autrui pour soigner : sang, organes, moelle, urines (pour fabriquer certains médicaments), mais aussi pour fabriquer des vaccins ou pour tester des médicaments. Surtout, cette tirade sur l’instrumentalisation d’autrui et le dévoiement de la médecine pour des pratiques qui ne soignent pas des pathologies rappelle l’argumentaire des extrémistes religieux (« l’IVG et la contraception ne sont pas des pratiques médicales car la grossesse n’est pas une pathologie. »).

Mais il est vrai qu’en matière de dogme S. Agacinski ne s’embarrasse pas trop de la réalité, qu’elle met en pièces, et préfère le domaine des mots. Selon elle, Gestation pour autrui serait la dernière imposture verbale du lobby de l’industrie biotechnique pour faire disparaître du champ de vision la femme dont on utilise les organes. Faut-il rappeler que les termes de gestation pour autrui et procréation pour autrui ont été introduits par un rapport commandé il y a vingt ans par Michel Rocard et repris dans le texte des lois de bioéthique de 1994 dans les articles qui ont organisé la prohibition de ces pratiques ? Un lobby qui prêterait le flanc à l’interdiction de son marché « voyou » (expression que l’on retrouve dans presque toutes les pages), lobby déjà taxé de « proxénète » et « d’esclavagiste » serait-il donc purement masochiste ?

Précisons que la procréation pour autrui (mères porteuses par insémination) qui se pratique en dehors du corps médical, -au contraire de la FIV, nécessaire dans la gestation pour autrui-, a toujours été critiquée par ce même corps médical. Une exploration historique des déclarations du Pr Frydman à la fin des années 80 (« ces personnes n’ont pas besoin de la médecine, leur seul problème est qu’elles refusent les relations sexuelles ») rappelle que nombre de médecins de la reproduction assistée de l’époque ont vu dans les mères porteuses une concurrence artisanale déloyale. En effet, à l’époque où les débuts de la FIV se caractérisaient par des coûts très élevés et des taux de réussite très bas, l’insémination artificielle bricolée à la maison offrait un rapport qualité / prix incomparable. Ceci explique sans doute l’acharnement du même Dr Frydman à continuer aujourd’hui d’amalgamer procréation pour autrui et gestation pour autrui sous le vocable de mères porteuses et de faire alliance avec S. Agacinski pour les vouer aux gémonies. Le fait que le Dr Frydman soit un leader -certes contesté- de l’industrie biotechnique vilipendée par S. Agacinski peut faire s’interroger quant aux intérêts en jeu.


Mais qu’en est-il de « l’exploitation » de ces femmes (porteuses) qui seraient « noires, pauvres et en faiblesse psychologique », ce qui serait la seule explication sensée au fait qu’elles fabriquent des enfants sur commande ! Pourtant, l’étude de Betsy Aigen sur les gestatrices (la pire insulte faite aux femmes selon S. Agacinski qui n’a pourtant jamais cherché à rencontrer aucune d’elles) montre que 71 % d’entre elles ont en réalité un travail, qu’elles sont très majoritairement blanches, catholiques ou protestantes, et que leur revenu professionnel est en moyenne de 24 000 US $. Mais cela ne semble pas effleurer la philosophe, qui se contente d’aligner des poncifs. Et pour cause, la description traumatisante qu’elle fait de la grossesse, nous interpelle sur son vécu personnel. Du coup, comment croire son affirmation sur la grossesse, qui serait « la période la plus importante pour l’épanouissement de l’enfant » ? De plus, l’hypothèse des liens tissés in utero avec l’enfant n’a jamais été confirmée cliniquement, bien au contraire, comme l’a analysé l’anthropologue Arthur P. Wolf. Une femme qui ressent de l’affection pour l’enfant qu’elle porte n’entre pas obligatoirement dans une relation mère/enfant et comme le dit Elisabeth Badinter « l’instinct maternel n’existe pas ».

Revenons à la lutte des classes matinée de féminisme victimaire prônée par S.Agacinski. Les femmes porteuses, qui ne touchent rien en dehors du remboursement de leurs frais liés à la grossesse ne pourraient pas être considérées comme faisant un don altruiste, car selon S. Agacinski, prêter son corps à autrui n’est pas un don mais une aliénation. Et de nous citer Maurice Godelier, selon une définition surréaliste du don qui n’a rien à voir avec ce qu’explique cet anthropologue, par ailleurs favorable depuis longtemps à la légalisation de la gestation pour autrui au titre du don comme on peut le lire dans ses livres (« L’énigme du don », « Métamorphoses de la parenté ») et ses déclarations. Le revoilà de nouveau instrumentalisé quelques pages plus loin pour nous montrer toute la souffrance des enfants de la mère porteuse qui vont avoir peur toute leur vie d’être vendus à leur tour à un autre couple. Une fois de plus, il vaut mieux s’en tenir à la version originale. C'est-à-dire à la mention par M. Godelier des analyses de Héléna Ragone faites à la fin des années 80 lorsque que les pratiques de procréation pour autrui et les tous débuts de la gestation pour autrui n’étaient pas encadrés par des lois spécifiques, mais par celles de l’adoption. Ce qui faisait que la mère porteuse accouchait et s’occupait du bébé pendant quelques jours avant que l’adoption soit prononcée. Une situation de confusion des rôles qui n’existe plus depuis longtemps grâce aux propositions faites entre autres par H. Ragone : les parents intentionnels sont présents à l’accouchement et sont responsables de l’enfant dès sa naissance, comme d’ailleurs le veulent toutes les formes actuelles de protocole médical spécifiques à ces formes d’AMP.

Mais justement, qu’en est-il des lois ? S. Agacinski nous relate l’affaire Baby M qui aurait suscité une réprobation universelle, à commencer par les féministes américains. Car pour faire un enfant, écrit-elle, il faut une femme, et de tout temps, l’homme aurait inventé des outils pour contourner ce fait et s’approprier les enfants : mariage, contraception, avortement, et maintenant mères porteuses. S’il est vrai que cette affaire de procréation pour autrui a déclenché une panique morale de 1986 à 1988 aux USA, fortement alimentée par l’alliance d’un mouvement féministe et des fondamentalistes religieux, l’histoire ne s’est pas arrêtée là. En 1993, l’affaire Johnson vs Calvert a lancé un débat national, mais cette fois ci au sujet de la gestation pour autrui. Et c’est un autre courant féministe qui s’est imposé. Et que l’on retrouve dans le jugement. Comment expliquer que ce jugement, qui a mis un terme aux débats conflictuels aux USA et a servi de base législative à la majorité des lois dans le monde encadrant la gestation pour autrui ait échappé à S. Agacinski ?

Quelle que soit la motivation de ses écrits, il est certain que ce livre n’apporte aucune voie progressiste pour remédier à l’infertilité et aux questions attenantes, que ce soit pour les hommes ou les femmes. Mais si vous aimez la lecture des faits divers, la théorie du complot ou « Les Protocoles des Sages de Sion », ce livre est pour vous.
 
Anonyme
Le 23 octobre 2009
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Il semble que dans cette diatribe violente, et sans aucun doute argumentée, il semble que vous ne souhaitiez pas vous arrêter sur cette logique de marchandisation de tout et à outrance, sur le fait que les études faisant la preuve du désir des femmes d'être porteuses fassent l'impasse sur toute la propagande de la générosité dont elles ont été abreuvées.
La psychologie de l'obéissance et de l'influence a fait depuis longtemps la démonstration de l'efficacité des pratiques de persuasion. 'cf Nicolas Gueguen et Jacques Fischer-Lokou).
L'infertilité est reconnue aujourd'hui comme une pathologie, ce n'est pas une donnée objective mais le regard d'une époque qui ne justifie rien.
Que l'homme soit inquiet de sa propre paternité n'est pas une création de Sylviane Agacinski mais un fait établi par les anthropologues. Relisez Françoise Héritier.
Quand au rôle des parents face à l'enfant, il est extrêmement lié à l'époque, mais on peut légitimement s'interroger sur ces miettes qui constitueraient les individus alors même que les enfants nés sous X revendiquent de connaître leurs origines et "souffrent" (ce sont eux qui le disent) de cette part d'eux-mêmes inconnue et morcelée.
Et malgré le ton péremptoire de cette longue réponse, je ne crois pas que vous ayez seulement effleuré le fond du sujet de ce livre : le désir individuel d'enfant est-il si légitime qu'il faille utiliser le corps des autres ?
 
Anonyme
Le 29 octobre 2009
Répondre
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Aïe, Aïe ! Voilà le retour du discours qui veut démontrer que lorsqu'une femme prend une décision contraire à celle qu'aurait prise son ou sa détracteur, elle doit être obligatoirement manipulée ! Un argument bien faible pour lui nier son libre arbitre. Et dans cette théorie un peu conspirationniste, qui serait le manipulateur ? Pourquoi lorsque l'on pose la question aux Françaises (voir le sondage Ipsos de décembre 2008), elles se déclarent 17 % à être prêtes à porter l'enfant d'autrui, et 39 % si cet autrui est un proche ? On voit immédiatement que la gestation pour autrui est la rencontre d'une femme qui souhaite venir en aide à un couple infertile et de ce couple infertile. Caricaturer cette rencontre humaine au point de voir en ces femmes qui portent l'enfant d'autrui à un moment de leur vie qu'un corps utilisé par d'autres est une tentative grossière pour dénier à ces femmes un esprit généreux et volontaire en les ramenant à un simple corps, ou pire, comme nous avons pu le lire, à un utérus sur pattes. Défendre la dignite et le respect des femmes en les insultant, c'est le fond du problème de la démarche de S. Agacinski.

PS 1 : les enfants nés par GPA connaissent l'histoire de leur venue au monde comme le montrent les études sur le sujet, à commencer par celles de Susan Golombok.

PS 2 : j'apprécie l'anthropologie, mais je préfère les lvres de Maurice Godelier aux discours de F. Héritier. Car l'infertilité n'est pas seulement un problème de l'homme, mais aussi celui de la femme, et ce depuis la nuit des temps. La lecture du premier code de justice de l'humanité (Hammourabi) devrait pouvoir donner un peu moins de subjectivité à vos pensées sur le sujet.
Que c'est sexiste de lire une attaque du libre-arbitre des femmes! La manipulation ne leur est pas réservée. Quant à la générosité, lorsqu'elle devient commerce...Et s'il faut nommer le manipulateur, protéiforme, il a pour nom marché,avidité, irrespect...et une armée de bien-pensants à son service. Pas de conspiration, la position est éculée et sotte mais une mécanique bien huilée.
17%, le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est pas massif.
Enfin, Sylviane Agacinski ne discute pas de positions individuelles et spécifiques, liées à une relation familiale ou amicale, elle s'insurge contre le marché de la générosité qui conduit les plus fragiles à être utilisés.
Une femme n'est pas qu'un corps dites-vous? C'est exactement ce que dit ce livre.

Concernant le PS2 : l'infertilité est un problème de couple et c'est bien souvent délibérément ignoré dans le monde, mais sa solution ne saurait être marchande et technique.
 
Anonyme
Le 01 novembre 2009
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Votre argumentation ne tient franchement pas la route. Vous vous cachez derrière une thèse conspirationniste pour voir un marché qui se substiturait au libre arbitre de femmes qui souhaitent aider des couples infertiles. Votre interprétation du chiffre de 17 % a peu de sens. Connaissez-vous le chiffre des femmes qui déclarent être prêtes à avorter en cas de grossesse ? A-t-il fallu qu'elles soient majoritaires pour que l'IVG soit dépénalisé ? Bien sûr que non ! Si les libertés ne devaient être concédées que si une majorité prévoyaient de les utiliser, il n'y en aurait plus beaucoup !

Revenons sur ce prétendu marché qui a bon dos. La GPA représente 1 % en moyenne des FIV dans les pays qui ont légalisé la GPA (chiffre SART 2006). A qui vous voulez faire gober qu'on puisse tirer profit financier d'une telle situation riquiqui quand il est beaucoup plus simple de faire des FIV à répétition chez des femmes qui enchaînent les fausses couches alors que la GPA a le plus haut taux de naissance et leur éviteraient ces FIV inutiles ? Et surtout que l'industrie médico-pharmaceutique a beaucoup plus à gagner en expérimitant sur les embryons des couples infertiles pour travailler sur des cellules souches dont l'intérêt pratique n'est toujours pas démontré. C'est d'ailleurs au nom de la compétition économique médicale internationale que L. Jospin avait fait un projet de révision des lois bioétiques où toutes les restrictions éthiques volaient en éclat au nom de cette logique de compétition économique. Tiens, à cette époque, notre philosophe de la dénonciation S. Agacinski (Mme Jospin pour Paris Match) n'avait pas moufté. Indignation à géométrie variable ? Ou absence de bouquin à promouvoir ?
 
Anonyme
Le 01 novembre 2009
Répondre
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Vous dites : "l'infertilité est un problème de couple et c'est bien souvent délibérément ignoré dans le monde, mais sa solution ne saurait être marchande et technique.".

Vous croyez au Père Noël ou aux gourous? L'AMP est une science médicale très technique et je ne connais aucun traitement qui soit gratuit dans le monde. Libre à vous de croire ce que vous voulez, mais laissez les autres libres de faire autrement entre adultes éclairés et consentants.
Ouille, nous ne sommes plus sur un sujet philosophique mais personnel. Je n'ai aucunement l'intention de blesser qui que ce soit. Toutefois, même si cela vous met en colère, je vous rappelle que je ne suis tenante d''AUCUNE thèse conspirationniste, bien au contraire comme précédemment énoncé. Sur le chiffre de 17%, c'est vous qui vous en servez et soyons raisonnable, entre celles qui disent qu'elles le feraient - dans le cadre d'un entretien - et celle qui se décideraient à le faire, le gap est important. Quand à la position sur le marché, elle est philosophique, pas comptable.
Enfin, c'est précisément parce que ni le père Noël, ni les gourous ne font partie de mon monde que je me révolte contre les gens qui font faire aux autres des choses qu'ils n'accepteraient pas pour eux-mêmes; pire qui les amènent sous couvert de générosité.
Voulez-vous que je vous dise? ce serait ma sœur, je me poserais la question pour elle, mais je resterais opposée à ce que cela soit érigé en système, tout comme l'auteur de cet ouvrage.
Ce livre est un livre de philosophie, pas un guide pratique et l'on y parle de rapport au monde et à autrui, pas de sujets personnels.
Les raisons qui peuvent amener un individu dans une histoire singulière à prendre certaines décisions sont d'un tout autre ordre.
La question de l'infertilité est douloureuse. Celle de la gestation pour autrui tout autant.
Quant à la liberté, cher anonyme, elle reste entière car il ne s'agit ici que de la chronique d'un livre qui vous déplaît mais offre une opportunité de penser librement aux côtés des thèses que vous défendez. Donc tout va bien.
 
Anonyme
Le 02 novembre 2009
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Je ne partage pas votre point de vue sur l'ouvrage de S. Agacinski. Elle condamne sans aucune nuance toute forme de GPA, et je serais très curieux de connaître la page où elle ferait acte de pondération dans le cas d'une GPA dans un cadre familial, qui soit dit en passant pose quelques questions.
D'autre part, vous n'arrivez pas à me répondre sur le paradoxe de qualifier "philosophie du respect" un livre qui couvre d'insultes des femmes qui font le choix d'aider un couple infertile (prostitués, manipulés, incapables de voir la transgression, et j'en passe...)?
J'ai bien compris que vous ne partagiez pas mon point de vue et manifestement nous n'avons pas la même définition du respect non plus. Il n'y a pas de paradoxe à mon sens à qualifier de respect le fait de refuser la mise en marchandisation des corps, ni d'irrespect à rappeler que la "générosité" n'est pas une qualité en soi si elle s'exerce au détriment de soi-même ou dans le cadre d'une exploitation. Pas un instant dans ce livre les femmes qui font ce choix ne sont insultées, au pire sont-elles mises en garde contre des idées aux allures généreuses et au fond discutable. Je pense qu'on lit les livres et ce qu'ils contiennent avec une sensibilité plus ou moins grande au sujet traité, et une opinion plus ou moins arrêtée.
Vous me croirez ou non, personnellement, mon opinion ne l'était pas...j'ai eu la chance de n'être confrontée ni à l'infertilité, ni à la question de devoir porter neuf mois un enfant que je n'élèverai pas. J'ai donc sur ce sujet une sensibilité de femme et de citoyenne. Quant à une éventuelle opinion, je n'en avais aucune clairement arrêtée avant cette lecture. Et si j'ai été intéressée et séduite par la posture de cette auteure, je ne suis pas non plus fermée à d'autres argumentations.
C'était également le cas lorsque je suis allée voir "Suzanne, une femme remarquable" au lucernaire (cf ma vidéo) qui traite de la parité homme/femme, de la fonction du droit dans la société, des positions politiques afférentes. Aujourd'hui, j'ai compris des choses que je n'avais pas pris le temps d'approfondir et mon opinion sur la parité s'en trouve changée.
Pour cela, je pense qu'il est nécessaire de n'être pas contre avant de commencer.
 
Anonyme
Le 03 novembre 2009
Répondre
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Vous ne répondez pas à mes questions et c'est bien dommage. Je tenterai une dernière fois. Vous dites :"je me révolte contre les gens qui font faire aux autres des choses qu'ils n'accepteraient pas pour eux-mêmes; pire qui les amènent sous couvert de générosité."

Depuis douze ans que je m'intéresse à la GPA, je n'ai jamais rencontré une personne qui corresponde à cette définition. Au contraire, la plupart des avocates, des responsables d'agence et d'associations dans le domaine de la GPA que je rencontre sont d'anciennes gestatrices. J'aimerais bien que vous me donniez des exemples réels de personnes qui sucitent votre révolte selon votre argumentaire, et ce bien sûr dans des pays où la GPA est légalement encadrée.
Journalistes, médecins, chercheurs, moralistes en tous genres, hommes politiques,...ils sont nombreux ceux qui utilisent le discours de la générosité pour justifier des actes plus ou moins égoïstes, pour culpabiliser, pour amener à trouver normal des décisions qui ne le sont pas. La rationalisation du discours fait pleinement partie de ce qui conduit à "la soumission volontaire".
Vous vous intéressez à la GPA depuis 12 ans et vivez donc dans un milieu favorable à cette pratique. Pour autant, il n'est pas représentatif de la population française et les femmes qui sont gestatrices, ne sont pas représentatives des femmes en général.
Je ne porte sur ces femmes-là aucun jugement de quelque nature que ce soit, soyons clair. Si, pour chacune d'elle ce choix est assumé, réellement pris en toute liberté, tant mieux et elles utilisent leur liberté comme elles le veulent.
Mais, dans les pays où cela est encadré, celles qui pratiquent cela sous la contrainte (financière, morale,...) ne s'expriment pas. Pour autant, il serait absurde de penser qu'elles n'existent pas.
Porter un être vivant dans son corps pendant 9 mois n'est pas un acte ordinaire. Le porter pour quelqu'un d'autre encore moins. Est-ce généreux ou non? Je ne saurais même pas me prononcer de façon radicale sur cette question, y compris lorsque c'est assumé.
 
Anonyme
Le 05 novembre 2009
Répondre
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"Mais, dans les pays où cela est encadré, celles qui pratiquent cela sous la contrainte (financière, morale,...) ne s'expriment pas. Pour autant, il serait absurde de penser qu'elles n'existent pas."

Dans les pays où cela est encadré, la GPA n'est pas un revenu et les remboursements des frais ne commencent pas avant d'avoir passé des mois de screening. Une femme sous contrainte financière cherchera ailleurs une véritable source de revenus au lieu de tenter de devenir gestatrice. Par exemple, faire les essais cliniques de médicaments rapporte beaucoup plus, même en France! Quant à la contrainte morale, on ne peut obliger personne au don ! Sauf dans les relations familiales oppressives, ce qui d'ailleurs relativise votre opinion sur le côté préférable de la GPA intrafamiliale.

Depuis, le départ, vous projetez des peurs sans connaitre le sujet. Je vous avais mise au défi de me montrer des cas réels de personnes qui profitaient de la GPA sur le dos des autres, vous n'y êtes pas arrivée, bien au contraire.

Je conclurai sur votre phrase : "les femmes qui sont gestatrices, ne sont pas représentatives des femmes en général." Un sommet d'intolérance ! Vous prétendez être capable de définir ce que sont les femmes en général, et ensuite d'en exclure d'autres que vous ne connaissez même pas et dont vous ignorez les motivations. Il y a des milliers de façon différentes d'être femme, et tout discours qui s'oppose à cette diversité enrichissante relève de l'oppression. Le fait de le recouvrir d'une prétendue protection de la dignité est d'ailleurs habituel chez les intégristes qui ne sont d'ailleurs pas tous des hommes comme le démontre par son attitude S. Agacinski.
Cher(s) anonyme(s),
Voilà un riche débat, quel dommage de ne pas y participer à visage découvert! Je vous invite à vous identifier, c'est gratuit.
Bien à vous,
Olivier Uguen
responsable éditorial d'Obiwi
Ce sera ma dernière intervention dans ce débat stérile.
Si l'intolérance consiste à dire que certaines ne sont pas représentatives de toutes, que dire de ceux qui pensent qu'une minorité est représentative d'un ensemble ! Précisément, il y a de nombreuses façons d'être femme et c'est tant mieux.
voici un article d'une ancienne député européenne : http://www.zenit.org/article-18426?l=french

en voici un autre de défense du droit des femmes :
http://www.mobilisationdroitsdesfemmes.com/article-33056525.html


lobbycratie:
"Il n’existe pas de GPA sans commerce. C’est un argument massue. Dans de très nombreux cas, la gestation pour autrui est instrumentalisé pour devenir un business. En Inde, des femmes, recluses dans un centre d’hébergement, sont recrutées pour devenir mères-porteuses pour le compte de richissimes étrangers ou nationaux qui « achètent » cette possibilité pour un peu moins de 10.000 euros. En Ukraine, il faut compter 15.000 euros. En Amérique du nord, environ 40.000 euros. Selon la nature des contrats, des responsabilités juridiques, des assurances, le prix varie. La terre est plate, écrivait le journaliste américain Thomas Friedmann. Rien n’est plus vrai en ce qui concerne les mères porteuses. Il est possible de choisir sa zone de production et les garanties qui vont avec. L’argument porte sans conteste mais il reste théorique. Personne ne peut affirmer avec exactitude qu’en France cela se passerait de la même manière puisque la pratique est interdite. Tout laisse à croire que cette question est un frein considérable à une acceptation par l’opinion publique : un enfant ne peut pas avoir de prix, même si ici on ne parle pas d’achat d’enfants mais de prêt ou de location de ventres puis d’expulsion du locataire."

"Cela suppose un contrat qui n’est pas admissible. Recourir à une mère porteuse suppose une contractualisation entre les deux parties, la porteuse et les receveurs, avec des engagements de part et d’autre, des droits, des devoirs. D’un point de vue philosophique, cette assujétion, cette aliénation de l’homme par l’homme n’est pas recevable. Cela se passe déjà dans les contrats de travail, mais pas avec ces implications, cette constance durant tout le temps de la grossesse. Ce contrat entraîne également des responsabilités juridiques. Que se passe-t-il si cette mère porteuse préfère la foire au repos, l’alcool aux fraises, la cigarette roulée à la cigarette russe ? La sélection des mères-porteuses en amont devrait pouvoir garantir en partie le sérieux des candidates mais sans pouvoir assurer à plein la loyauté de la mère-porteuse vis-à-vis de ses engagements."

Cela permet de penser que le débat ne peut pas se régler en deux ou trois affirmations autour de la générosité et d'une liberté revendiquée !
Et ce d'autant plus que les psy ont démonté les mécanismes de la soumission volontaires depuis plus d'un demi-siècle.
 
Anonyme
Le 10 novembre 2009
Répondre
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Tiens, maintenant, vous vous faites l'écho de l'intégrisme catho ? Zénith est en effet un relais de cette parole qui est contre l'AMP, la contraception et l'avortement comme l'illustre cet article :
http://www.zenit.org/article-22337?l=french

Quant au texte que vous citez, il repose dès le départ sur un biais : mélanger volontairement le coût d'un processus de GPA (dont les frais médicaux représentent la plus grande part) et ce que va réellement recevoir la gestatrice en compensation de ses frais. Mais c'est tellement plus pratique pour ensuite faire glisser cet argent sur l'enfant et crier au loup ! Et ensuite délirer sur des responsabilités juridiques quand le droit de la médecine, et donc de la GPA, repose sur le consentement lire et éclairé de la personne dont la définition même est d'être révocable par la personne de manière inconditionnelle !

Des féministes autrement plus informées et qui reconnaissent la diversité féminine ont une approche bien différente :

http://www.alliancedesfemmes.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=93&Itemid=17
 
Anonyme
Le 07 février 2010
Répondre
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Anonyme,
vous êtes particulièrement agressive, et si il y a une personne ici qui semble intégriste dans ses propos, c'est bien vous.
Votre assurance et votre arrogance (...je sais mieux que vous et vous êtes trop stupide pour vous en rendre compte...) ne font aucunement avancer le débat!
 
Anonyme
Le 21 février 2010
Répondre
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j'aimerais avoir plus d'informations sur le traitement des faiblesses sexueles chez la femme et l'infertilité

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Margaret
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