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Critique
I love Dollar: ma 2ème épreuve non corrigée!
Zhu Wen, comme chacun sait, est un écrivain cinéaste, ingénieur de formation, et chef de file de la nouvelle génération des écrivains de la Chine d'aujourd'hui. Autant dire que c'est du chinois, tout ça!
I love dollars... et autres nouvelles de la Chine profonde. Avec un tel titre, je m'attends à un genre "La vallée des Larmes" ou "Perles & concubines", où se mêlent traditions, us et coutumes de la Chine ancienne, baguettes et bols de riz, cols mao et bicyclettes.
J'ai (presque) tout faux!
De la bicyclette, oui, il y en a, c'est même un vecteur de communication important dans ces six nouvelles, qui sont en fait d'un moderne jovial, cru et truculent, un style qui exacerbe la dureté de la vie, les tracas quotidiens et permanents, le manque d'argent, les petits arrangements entre ennemis, la quête acharnée du sexe, la mesquinerie qui transpire à chaque coin de rue, intrigues et petites histoires minables, où le héros traîne son malaise profond et ses ambitions inaccessibles.
(J'ai toujours une pensée pour la traduction, ici l'œuvre de Catherine Charmant, une belle responsabilité, on lui fait confiance et on a raison!)
Six nouvelles donc, où le narrateur, écrivain raté et sans illusion, juste bardé de rêves impossibles, se balade dans une vie sans objectifs autres que le sexe et l'alcool, l'argent: les valeur d'un capitalisme sous-jacent.
Traîner son père en ville pour le sortir, le distraire et lui fournir une serveuse, parce que c'est la tradition et son devoir de fils, ... il est complètement à côté de la plaque, pour ce qui est de ses rapports avec l'élément féminin, et les désirs de son père!
A côté de la plaque également, à l'hôpital où il se retrouve sous la coupe d'un vieillard malade et alité, dans une chambre où les grabataires font la loi, impliqué sans l'avoir choisi dans une garde de nuit qui ne le concerne pas, et l'oblige à subir les miasmes morbides de malades exigeants.
Complètement décalé lorsque, fuyant il ne sait quoi, il se retrouve sur un bateau, sans savoir où il va, confronté à la violence de la proximité et des passagers voleurs et dangereux, des magouilles de femmes, ... il subit les situations, se laisse dépouiller de ses oranges, change de destination en cours de route, ne sait pas finalement si... ou pas, ou non, ... il se laisse ballotter par des situations incohérentes, des gens sans autre but que de lui pourrir la vie et l'exploiter.
Voleurs de bicyclettes, mafia, chômage réprimé par les menaces et le chantage, racket en tout genre, abus de pouvoir: tout est violence et pauvreté, la réalité du quotidien est noire, paranoïaque, encroûtée dans la recherche vaine et frustrée des chimères du capitalisme.
Mais l'écriture est vive, mordante, crue et réaliste, une sorte de "parler" ravageur et direct, drôle et dramatique à la fois, où l'humour est noir et désespéré, le tout dans un style enlevé, presque léger, parfois carrément hilarant, mais qui fait quand même rire jaune!
I love dollars: Et autres nouvelles de la Chine profonde de Wen Zhu, Catherine Charmant (traduction), Albin Michel, 20 euros.
Note :  (1 note)
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