Critique
Asa: Virgin session au Trabendo
Dimanche 4 mai, parc de la Villette à Paris: ciel bleu, grand soleil, température estivale. Une journée à passer dehors, ça tombe sous le sens. Pourtant quelques insensés ont choisi de s'enfermer dans une salle obscure pour écouter un peu de bonne musique…
Crédit photo: Benoit Peverelli
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Depuis quelques mois maintenant, Asa fait partie de notre paysage musical. La jeune Nigériane balade ses mélodies et sa guitare sur les scènes de France et de Navarre pour le plus grand plaisir des mélomanes, adeptes d'une soul teintée de folk et mâtinée d'accents africains.
Née à Paris, élevée à Lagos, cette anglophone allie dans ses chansons le charme des différentes cultures musicales qui l'ont bercée sur des textes souvent lucides sur le monde et ses dérives. La guerre, la violence, la passivité des spectateurs du 20h sont autant de thèmes repris par Asa qui s'inscrit d'emblée dans la lignée de ces songwriters qu'on aime tant. Les comparaisons sont faciles et certaines plus que d'autres: guitare, dreadlocks, voix puissante, la demoiselle a des airs de Tracy Chapman et assure fort honorablement la filiation.
Mais Asa sait aussi se faire légère avec des morceaux qui vantent la force de l'amour, de la paix et de l'espoir. Rassurez-vous, contrairement à ce que pourrait laisser penser cette énumération, on est loin d'un trip baba cool désuet, le tout étant fait avec suffisamment d'intelligence et de mesure pour résonner avec ce qu'il faut de finesse et d'émotion.
Concert acoustique
C'est un concentré de tous ces éléments qu'Asa a offert au public du Trabendo. Simplement accompagnée d'un guitariste et d'une choriste, la chanteuse s'est montrée dans toute la simplicité qui caractérise ses mélodies. Outre les titres forcément attendus comme Fire on the mountain, Jailer ou 360, l'artiste s'est fendue de quelques reprises incontournables, valeurs sûres des sets acoustiques réussis, à savoir Ain't no sunshine de Bill Withers et Redemption song de Bob Marley (faut-il encore le préciser?). En rappel, un titre sublime de son album, Eyé Àdaba qui, bien que la plupart des auditeurs n'aient sans doute rien compris aux paroles, a su plonger la salle dans un état de grâce.
Chaleureuse, spontanée, souvent drôle, Asa est de ces artistes qui savent communiquer avec une audience. Une corde de plus à sa guitare envoûtante. De quoi compenser largement le sacrifice d'un dimanche après-midi ensoleillé.