Critique
Jil is Lucky, sacré veinard
Artiste folk de 23 ans entouré de comparses talentueux, Jil Is Lucky délivre un album (fourni par Obiwi) hétéroclite et attachant.
La pochette de l'album de Jil Is Lucky. Je vous avais prévenu...
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Voilà un album qui fait plus contre le téléchargement illégal que la loi Hadopi. En effet, pirater Jil Is Lucky, ce serait se priver de la pochette la plus kitschissime qui aie gagné les bacs depuis longtemps, improbable télescopage des Power Rangers et de la Grande Encyclopédie des Religions (avec mention spéciale à l'impeccable Black Rabbi).
Et avec les oreilles?
L'album se révèle presque aussi déroutant à l'écoute qu'à la vue.
Il oscille, au cours de ses 12 titres courts et bien troussés, entre mini-symphonies psychédéliques et britpop débridée, entre violons klezmer du ghetto de Prague et cuivres généreux de Cuba, entre délires mystiques (pour de faux) et balades acoustiques apaisées. C'est faussement désinvolte, plutôt foutraque, mais avec des compositions suffisamment solides pour trotter un moment dans la tête ("The Wanderer", "Judan Loew’s Mistake" ou "Supernovas").
En voiture avec Bioman
Essayer de suivre Jil et ses acolytes costumés (Superschneider à la guitare, The Steamroller au violoncelle, La Vega à l’harmonica et The Black Rabbi à la batterie) est parfois épuisant. Mieux vaut fermer les yeux et se laisser conduire, faire confiance à leur rythmique impeccable et à leurs paroles loufoques, passeports pour un voyage autour d'une planète musicale sympathiquement déjantée. Lucky, ce Jil.