Dès la grille franchie, le jardin de l'évêché se révèle tout bruissant de conversations et de notes de musiques. Parfait, le virtuose n'est pas encore sur scène, j'en profite pour opérer un virage à 90° et droit devant moi je lorgne le stand de
association ABCD qui visiblement connait le même succès que l'année passée et c'est logique: les bénévoles ont le sourire facile, les prix défient toute concurrence et c'est du "fait maison".
Mon demi de bière à la main je lorgne la pelouse: les transats rayés sont tous occupés, ça bavarde, s'esclaffe et s'interpelle... Un zeste de découragement me gagne mais tout à coup devant mes yeux stupéfaits un spectateur assis au premier rang se lève. Parfait je n'ai plus qu'à me glissser à ma place favorite face à la scène. L' air est léger, le soleil encore présent, je ferme les yeux. Qu'il est doux de jazzer au Jardin de l'Evêcher cette année encore!
Applaudissements... Stéphane Kochoyan, Directeur artistique est sur scène et avec une belle ardeur présente le festival, les partenaires puis laisse place à
Tigran Hamasyan incroyablement jeune et décontracté: halo de cheveux bruns, jean et chemise à carreaux. Une fois terminées les quinze minutes accordées aux nombreux photographes , le crépitement des déclencheurs cesse, mon horizon se libère , voici l'instant attendu : magie de Tigran Hamasyan, frappe énergique, exubérance du jeu, sourires complices et présentation savoureuse de chaque morceau... Mon oeil s'égare un instant à ma gauche: un jeune artiste le sourire aux lèvres croque l'artiste d'une façon très épurée. Traits noirs sur fond blanc à l'unisson du logo Orléans Jazz. J'apprendrai plus tard qu'il s'agit de
Stanislas GROS dont on peut actuellement voir quelques croquis à l'Atelier dans le cadre du
JAZZ BOURGOGNE, superbe occasion de naviguer entre les deux lieux à la fin de la soirée! Mais très vite je détourne les yeux et je me laisse embarquer comme tout le public présent, pour un voyage qui passe par l'Arménie et s'achève à grands regrets une fois la nuit tombée.
Petit détail sympathique: dès le concert terminé, Tigran est à la boutique du festival, dédicace son CD et se prête gentiment au jeu des photographes. Ce jeune prodige de 22 ans, merveilleux de naturel qui nous apparaît pour la seconde année consécutive au festival, est visiblement promis à un bel avenir! Quant à moi il ne me reste plus qu'à faire un petit tour au Jazz Bourgogne puis à rejoindre mon logis afin d'y assembler les quelques images recueillies lors de cette soirée délicieuse...