Reportage
Si chaud et pourtant si froid Hanoï
Un chanteur de renom français se déplace à Hanoi et fait don de son cachet à un orphelinat... Cela devrait suffire à soulever une clameur... pas si sûr!
crédit photo: Ruud/Flickr.
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Le concert de Francis Cabrel doit commencer a 20 heures mais la salle est loin d’être à son comble… les rangs au pied de la scène sont vides… c’est un premier pincement au cœur… Heureusement les retardataires arrivent jouant les stars, souriant à qui veut… c’est que le public vit en petite communauté (expatriés et/ou francophones.
Chuuutttt! Ça commence… une jolie voix féminine entonne les trois premières chansons en vietnamiens puis se mêle avec succès à celle de Francis Cabrel… le public applaudit…
Le public applaudit…
Le public applaudit… encore et encore à la fin de chaque chanson.
C’est bien! Mais on sent que le chanteur voudrait plus… un accompagnement musical sur ses airs bien connus des Français… il souffle même des "toutoutout" à ceux qui ne connaîtraient pas les paroles… il baisse la voix pour laisser le public s’exprimer… il programme des rythmes endiablés… il transpire sur scène… il se donne… Rien, pas le moindre frémissement!
Ses regards, ses gestes, tout montre qu’il est en recherche du moindre sursaut du public… Rien…s i ce n’est que des pincements au cœur pour ce chanteur désarmé devant le froid de la salle.
Sommes-nous vraiment "des hommes pareils"?
Chacun extériorise son appréciation de différentes manières et à Hanoi, que l’on soit Vietnamien ou non, il semblerait que le pays inspire une appréciation contemplative… le public applaudit.
Après deux heures d’acharnement mutuel, le concert touche à sa fin… le chanteur semble résigné et le public applaudit… et le public se lève et le public crie et le public en demande encore… et le chanteur sourit!
Le public de Hanoï a sorti sa botte secrète: l’effet de surprise!