Il lui suffit d’apparaître. Devant la caméra ou face au micro. Et d’entrer en contact. Illico on remarque sa moue désabusée, sa voix ingénue de la fille qui sait, qui est revenue de tout mais qui ne peut s’empêcher de la jouer un rien espiègle, peut-être rebelle et qui nous communique ses humeurs sur un ton moqueur. Il lui suffit d’apparaître pour être. Elle n’interprète ni les textes, ni les dialogues, ni les rimes, elle les reçoit, les assimile pour mieux nous les offrir. Sa façon de vivre est en elle-même une poésie, un art, un art de vivre qu’elle nous invite à découvrir, simplement par générosité et pour le plaisir d’un moment de partage. Elle fait chanter le silence, elle danse sans bouger, elle sourit juste de l’intérieur. Elle se nomme Agnès Jaoui.
Personnage de cinoche, citoyenne du monde
Chacun par ses choix artistiques tisse sa biographie sans besoin des critiques, autres esthètes ou psyscho-analyseurs… Et Agnès Jaoui n’enfreint pas cette règle. Ainsi elle a illuminé l’écran dans différents films prestigieux comme actrice, d’abord dans
l’Hôtel de France de Patrice Chéreau,
Le cousin d’Alain Corneau,
24 Heures de la vie d'une femme de Laurent Bouhnik,
Le rôle de sa vie de François Favrat et
La maison de Nina de Richard Dembo sans oublier les films adaptés des deux pièces de théatre écrites à quatre mains, marquant ainsi la renommée du tandem Bacri & Jaoui, compagnons de vie et coauteurs de
Cuisine & dépendances de Philippe Muyl, et
Un air de famille de Cédric Klapisch puis d’autres scénarios aussi dont
Smoking/no smocking et
On connaît la chanson d’Alain Resnais.
En 2000, avec un scénario toujours coécrit avec Bacri, Agnès Jaoui passe à la réalisation pour
le goût des autres. Puis cette surdouée poursuit en tournant en 2004
Comme une image et en 2008
Parlez-moi de la pluie. Tous des films reconnus mais surtout appréciés pour leur profondeur et leur authenticité.
A la canta
En 2006, toujours animée par une énergie formidable, Agnès Jaoui se lance dans la chanson, les romances latines voire latinos et sort son 1er album,
Canta. Récompensé par une Victoire de la musique en 2007 dans la catégorie Meilleur album de musiques du monde, il permet aussi au public de découvrir la femme de cinéma transformée en véritable passionara de la scène.
Fin 2009, Agnès Jaoui présente "Dans mon pays
, son nouvel opus réalisé par Vincent Segal avec une équipe musicale presque identique à CANTA: EL QUINTET OFICIAL. A noter: Amor e distancia
(en duo avec Roberto Gonzales Hurtado), Dikanga
(en duo avec Bonga), Sur le pont de l'Alma mia
(en duo avec Dimas md), A cantar e te deixas llevar
(en duo avec Camané) et Todo cambia
. Au total douze titres et douze merveilles. Avec une préférence pour Amor e distancia, A cantar e te deixas, Todo cambia. //
Mais l’amour, l’art, la vie, les préférences, tout cela n’est que subjectivité. L’ensemble à lui seul se révèle un voyage. Musiques du monde, tzigane, rom, gitan. Matiné Demy / Michel Legrand pour les titres en français. Voire une gaieté en plus à la Bobby Lapointe. Les références pourraient varier à l'infini. Kusturica, Fellini pour les images et l'ambiance. En un mot: que du bonheur! Et c’est amusant que cette nomade titre "dans mon pays". A croire que sa patrie est celle de la seule chanson qui décline tous les thèmes précédemment cités. Quoiqu’il en soit, cette Agnès Jaoui chanteuse me fait encore plus aimer l’autre, la femme de la pellicule, la comédienne et l’auteure. Une artiste qui s’exprimer sans chichis ni faux semblants. Une perle dans un monde de strass! Géniale, cette canaille!
A écouter inlassablement et à voir:
http://www.totoutard.com/videos/videos.php?idvideo=272
http://agnes-jaoui.over-blog.com/