Après une première partie assurée par un jeune anglais prometteur (Ed Laurie), Da Silva fait son entrée, accompagné de cinq musiciens. Rien que ça!
Six hommes sur scène. Deux guitares, une batterie / maracas, une basse / clavier, une clarinette / trompette, un violon. Et de jolis décors sous forme de panneaux à vitraux...
Le groupe démarre sur un solo musical tout bonnement exceptionnel! L’instrumental de
La Chambre pendant de longues minutes me donne des frissons dans le dos et jusqu’à la racine des cheveux! Magnifique! Je me dis "ça démarre bien..."
Manu Da Silva (puisqu’en dehors de son patronyme qui est aussi son nom de scène, il s’appelle Emmanuel) nous salue.
-On est bien à Colmar. Il fait chaud. Et il neige dehors!
Da Silva changera de guitare pratiquement à chaque morceau. Il a attaqué avec une guitare sèche, il enchaîne avec une guitare électrique qui semble démesurée, sur le morceau
Tant Que Tu Es Loin, de son précédent opus intitulé
De Beaux Jours A Venir (DBJAV).
Il est frappant de voir qu’avec les années, Da Silva a changé de voix. Elle est aujourd’hui plus grave encore, plus mâle. Un changement naturel de tessiture ou un profond travail sur sa voix, je trouve en tout cas qu’elle lui va bien. Sacrément bien...
Poursuite avec
La Tendresse des Fous, titre de son troisième et dernier album également, puis
Le Carnaval, morceau qui l’a certainement beaucoup fait connaître d’un public qui ne s’intéressait peut-être pas vraiment à lui au préalable... Il rencontre un vif succès auprès du public de Colmar en tout cas!
Après
Les Ricochets (album LTDF), il s’arrête. Quelques secondes. Il regarde le public. Deux yeux fendus. Au milieu du silence pieux qui s’est installé, une petite fille lance soudain un "Allez!" impatient. La salle comble est hilare! Da Silva soupire...
-Eh bien allez!
Et reprend avec
L’Averse (DBJAV), puis
Les Inséparables (LTDF), très joli titre sur l’absence. Le décor semble irréel, les vitraux éclairés sous la fumée des fumigènes, halos de lumière irisés, souffles de couleurs et brouillard jaune, bleu, ou rouge...
Après
La Route (qui ouvre l’album La Tendresse des Fous), il présente le groupe. Il prend son temps. Je n’ai retenu que les prénoms. Sébastien à la guitare, JB à la batterie, Bertrand à la basse et au clavier, Jérôme à la clarinette et à la trompette, Raphaël au violon. Il précise, plein d’humour,
-le bassiste, c’est le plus beau, on l’a collé derrière!
Ils sont six sur scène mais douze sur les routes. Une fine équipe.
Da Silva enchaîne avec
La Fuite (DBJAV), la première strophe est une tranche de vie: "Je roule fenêtre ouverte, je respire la tempête qui sommeille, et je roule sans chemin ni repères, je me perds depuis longtemps déjà, je descends..."
Et il s’arrête. D’un coup.
-Cette chanson, je la faisais avec un ukulélé. A la Foire aux Vins à Colmar justement. Et le ukulélé est tombé en panne. Alors j’ai joué sans rien... Je venais de m’en souvenir...
Le groupe nous fait une "instru" de la mort sur ce morceau! Une réorchestration que seul le live permet. Il a fait du chemin déjà, depuis son deuxième album, Da Silva... Vraiment...
Le titre qui suit est connu.
Au Moment des Amours (album DBJAV). J’adore! Ainsi que
De Là-Haut (avec son refrain "Du Courage quand monte la fièvre, et l’Orage te rejoint tout là-haut", treizième titre joué jusqu’à présent. Mais soixante-dix minutes de show tout de même. Comme Manu ne parle pas beaucoup entre les morceaux, cela démontre une formidable capacité de jeu.
Les six hommes saluent.
Et s’en vont.
Et se font désirer.
Les applaudissements en rythme réclament leur retour pendant de longues secondes...
Rappel(s)
Nous sommes gâtés avec le rappel. Il nous parle de la messe le dimanche... Hein?
-Je ne sais pas si le curé a autant de succès ici... Si?
Il nous offre d’affilée trois titres du nouvel album,
Le Jour de la Défaite,
Un Endroit, et
Les Plaines. Dernier morceau qui s’achève sur un long moment instrumental, déchaîné. Des lumières bleues, les musiciens s’emballent. Energie débordante, ça fait boum dans mon cœur. Tonnerre délicieux!
Applaudissements nourris qui semblent ne jamais finir, remerciements de part et d’autre, Da Silva nous fait ses adieux...
Je m’apprête à mettre ma veste. La salle reste plongée dans le noir.
Et soudain, ils reviennent pour un deuxième rappel comme un bonus. Manu seul dans la lumière, avec sa guitare électrique blanche, un moment d’une grande douceur, d’une grande intensité aussi. Avec
L’Instant (DBJAV).
Il se tourne ensuite vers ses musiciens restés dans l’ombre, un mot à chacun. Et je sais que ce qui va suivre n’était pas prévu. Ils nous refont
Le Carnaval, tout le monde est debout, frappe dans les mains, se déhanche, chante... Un moment fort.
Pour le final, la der des der,
Tout Va Pour le Mieux. Le public chante "j’aurai dû laisser la porte fermée, jeter la clé, ne plus jamais revenir", plusieurs fois et en decrescendo jusqu’au murmure... Une complicité immense. Merci Da Silva.
Cent minutes sur scène
La soirée se termine dans le hall. Après un quart d’heure d’attente environ, Manu vient pour les dédicaces, je l'aborde d'abord pour la signature sur le billet, puis rebelote pour la pochette de l’album
La Tendresse des Fous, que j’achète sur place. J’obtiens également une signature de trois des musiciens qui sont adorables comme tout.
J’ai pris un max’ de bonheur ce soir... Et un sourire qui ne me quitte pas depuis...
Son myspace