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Reportage
Nilda Fernandez, l’éternel voyageur enchante le Café de la Danse
La Russie nous avait ravi Nilda Fernandez depuis 1991. Voici enfin notre troubadour globe-trotter sur le devant de la scène française avec un nouveau CD "Les Plages de l’Atlantique". Sur l’invitation d’OBIWI me voici ce 26 janvier 2010 au Café de la danse à Paris: Emotions, humour, ambiance chaleureuse au fil des grands succès repris par Nilda puis duo surprise, assis en bord de scène avec Serge Lopez, virtuose de la guitare flamenca.
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Mon dernier souvenir avec Nilda Fernandez sur scène remonte à la salle de spectacles de Saint Jean de la Ruelle le 10 novembre 2006. Après le concert, assis en bord de scène, Nilda partageait avec nous quelques victuailles amenées par les fans venus de tous les coins de France. Preuve évidente que cet éternel voyageur demeure présent dans nos souvenirs, surgissant parfois devant nous au hasard d’une trajectoire qu’il qualifie lui-même de hasardeuse: Je crois en l’organisation du hasard. Ma vie est difficile à lire parce que, de l’extérieur, on ne sait pas forcément à quoi elle obéit. Je ne finirai jamais de justifier mes hasards. De ma mémoire Nilda Fernandez n’était jamais parti, c’est dire combien la perspective de le retrouver grâce à l'invitation OBIWI au Café de la Danse ce 26 janvier m’enchantait!
Charmante petite salle propice à un concert intimiste, mur de pierres en fond de scène, décor très sobre: un mannequin de couture sur lequel reposent souplement une étoffe rouge et un vêtement sombre. Bruits flous de vagues, de trains, d’oiseaux. Peut-être les instantanés sonores enregistrés par Nilda pour son album tout juste sorti? vagues de Méditerranée et mouettes de Vendée, le métro de Moscou (qui a le même son aujourd’hui que celui de Barcelone, jadis), la gare de Milan, des moineaux de plusieurs pays...
Claquement de pas tout à coup, une frêle silhouette chaudement vêtue, guitare en bandoulière, surgit depuis la salle, enjambe la scène. Nilda...enfin! Manteau et casquette reposés, le voici: santiags, sobre pantalon noir et chemise blanche à col ouvert, superbes contrastes avec une luxuriante veste rouge, pourpre, ambrée où s'incrustent quelques touches vertes chatoyantes.
Joie communicative, claquement des doigts, battements des mains, refrains repris en coeur pour les grands succès retrouvés. Les lumières sont sobres mais chaleureuses sur des dominantes rouges, ambrées avec parfois comme dans "Sinfanaï Retu" des alternances entre violets et parme embrumés. Assis puis debout en bord de scène Nilda dialogue, explique, ironise sur cette chanson issue du Catalan du futur ou d'un catalan très ancien", en réalité une suite de syllabes sans signification!. Et de conclure: C'est bien de chanter ensemble pour ne rien dire, on y met tout son cœur, hein?//.
Autre grand moment de complicité: Nilda debout, une main dans la poche, l'autre battant la mesure reprend avec la salle a capella son "L’invitation à Venise ". Chaque avant que l’eau l’ait noyée est alors ponctué de volutes accentués de chaque main.
Puis, ambiance rouge, faisceaux blancs des projecteurs braqués vers le ciel, la voix pure, haut perchée, s’élève, tantôt en français, tantôt en espagnol, pour le très attendu Madrid Madrid. Immense silence dans la salle dont l’émotion est palpable. Un seul projecteur pour quelques rais d’une lumière blanche diffuse, aucune parole sur le final, seuls des la la lala s'élèvant à l'infini. Alors doucement le pourpre revient en fond, nimbant Nilda sur ses derniers accords de guitare. Instants magiques, oniriques, hors du temps, puis les applaudissements crépitent longuement.
Assis en bord de scène Nilda retrouve ensuite son sens de la dérision Maintenant c’est la mode on s’appelle par son prénom proclame-t-il tout en claquant sa main dans celles d’un spectateur du premier rang. Rires de la salle, crépitement des appareils photos, Nilda jubile visiblement.
Le spectacle s'achève sur des titres du nouvel album dans les bacs depuis le 6 janvier dernier. Résolument hors des plans du show biz, Nilda nous les présente tout en se défendant ironiquement de toute promo: copiez-le, piratez-le! Le nom du virtuose de la guitare flamenca de Serge Lopez n'est pas mentionné sur le CD mais l'accompagnement du musicien était là dès le début, au fondement même. Formidable surprise donc en cette fin de soirée: Serge vient rejoindre Nilda assis en bord de scène. Les deux guitaristes s’accordent longuement, regards très complices. Joie palpable entre eux que de jouer et d'interpréter ensemble ces nouveaux titres. Instants uniques que parfois le spectacle vivant offre à qui vient le découvrir...
Plages de l’Atlantique/Ou falaises de la mer Baltique/Je reviendrai sûrement un jour, je reviendrai/Place de la Concorde/Ou de la révolution d’Octobre/Je vous oublierai sûrement un jour, je vous oublierai… Nilda, tu te revendiques donc infidèle. Sans rancune pour ce qui me concerne, j'accepte cette prise de position! Mais je te l'avoue, ta voix émouvante, si haut perchée, ta poésie, tes émotions palpables, ta sensibilité à fleur de peau, ton sens de la dérision, ce soir ne m'ont vraiment pas incitée à te distancier…
Alors à bientôt peut-être au hasard de nos vies?
Titre de l'album et prochains concerts
11 mars - Geneve / Voix des fêtes
17 & 18 mars - Irigny (69) / Le semaphore
20 mars - Château Briant (44) / Theatre de Verre
3 avril - Puygouzon (81) / Festival un bol d'air
6 avril - Montigny le Bretonneux (78) / Salle Jacques Brel
12 avril - Paris / La cigale
15 avril - Val cenis (73)
29 mai - St Marcellin / Festival Barbara
CD album, sorti le 8 janvier 2010, Diese Productions:
01 - Prélude
02 - Plages de l'Atlantique
03 - Plus loin de ta rue
04 - Laissez-moi dormir
05 - Je lui raconte
06 - Berçeuse
07 - Si tu me perds
08 - Où tu habites
09 - Le baiser sous le lilas
10 - Le monde est ce qu'il est
11 - Elle m'aimait plus
12 - Derrière ma fenêtre
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