indiana15
  • Auteur : indiana15
  • Inscription : Il y a 4 ans
  • Publications : 68
Voir les auteurs Obiwi
Tous les auteurs Obiwi
Ecrire à cet auteur
A lire

Entretien avec un producteur d'émissions radio et auteur de nouvelles fantastiques

Note : 5 (1 note)   |  Noter
Noter cet article : 
Le 19/01/12 - Lu 627 fois - 0 commentaire
Manuel Ruiz, auteur de nouvelles fantastiques produit sur la radio la mise en scène de ses oeuvres.
Présentation de l'auteur :
Trois lignes ? Il y énormément de choses à dire sur moi ! En fait, je suis écrivain, et cela doit suffire comme présentation.

Biographie :
J’écris depuis toujours, sur tous les supports, et dans tous les genres. C’est la passion de ma vie. À côté, je travaille dans une administration pour assurer le gîte et le couvert.

Ouvrages et émissions radios.
Une dizaine d'ouvrages publiés, notamment « La Société Secrète » (Ixcea), « Le Dossier du Bateleur » (Ixcea), « Le Chaud et le Froid » (JePublie), « La Reine Celte » (Mobipocket), « Le Cycle de l'Etrange » (TBE).
À la radio, « Les Chroniques de l'Etrange » (42 épisodes de 10 minutes), « Les Chroniques de l'Etrange Deuxième Saison » (25 épisodes de 15 minutes), « À la recherche des civilisations anciennes » (17 épisodes de 8 minutes).

Liens internet (site, blog) :
http://manuelruiz.canalblog.com
http://manuelruiz4.canalblog.com

ENTRETIEN
Bonjour Manuel. Bienvenu tout tout près du feu car ce matin, il fait très froid (moins 12 sur mon toit !). Je t'ai préparé un bon gros bol de café fumant !
Avant tout, merci d'avoir accepté cet entretien un peu hors du commun qui va nous permettre de connaître l'auteur Et producteur que tu es. Je doute que mes questions te paraissent loufoques dans la mesure où ton univers l'est encore plus que le mien !!
On se tutoie déjà, donc on va pas faire les snobs et puis pour moi, ce n'est pas par manque de respect, mais tout simplement j'aime les auteurs et me sens proche d'eux.

Myriam : Salut, je peux savoir pourquoi t'as voulu faire cette interview ?
L'auteur : Ah, ah ! MDR. Figure-toi que je l’ai fait moi-même. À l’époque où je sévissais sur Anice-Fiction, un forum internet, j’avais fait des interviewes de mes collègues auteurs, assez semblables à celle-ci. Cela fait une drôle d’impression de passer de l’autre côté !

Myriam : Ton nom, c'est vraiment le tien ou un pseudo et si oui, pourquoi ?
L'auteur : Oui, c’est le mien. Je regrette de ne pas avoir pris un pseudo, parce que la répétition du U n’est pas très jolie, mais trop tard.

Myriam : Pourquoi écris-tu ? Un loisir, une thérapie ? Depuis quand écris-tu ?
L'auteur : J’écris depuis toujours. Pourquoi ? Eh bien, parce que je ne sais rien faire d’autre. J’aurais aimé être doué pour la musique, ou le dessin. Mais non, je ne peux m’exprimer que par l’écriture.

Myriam : Pour écrire, tu as besoin de quoi ?
L'auteur : Pas grand-chose. Un clavier, des feuilles volantes pour des notes, un dictaphone. L’époque où j’ avais des piles de documentation est lointaine. Après une vie entière à lire et à écrire, tu penses bien que j’ai maintenant tout dans la tête !

Myriam : Tu as écris un peu dans tous les genres pour faire un choix ces derniers années pour le fantastique. Qu'est-ce qui te plaît dans ce monde irréel qui souvent se rapproche du notre finalement ?
L'auteur : En fait, c’est un hasard. Un heureux hasard. À l’origine, j’écrivais des polars et des thrillers. Mais quand j’ai rencontré le diffuseur de radio, il a refusé leur adaptation, pour diverses raisons. À la place, je lui ai proposé des histoires étranges. Et le succès a été tel que j’ai décidé de continuer. Finalement, j’ai eu de la chance, car ce genre est finalement celui qui me convient le mieux.

Myriam : Quand as-tu décidé de rendre public tes écrits ? Depuis quand t'es-tu "jeté à l'eau" comme on dit ?
L'auteur : Oh, très vite. Adolescent, je passais devant les kiosques et je rêvais de voir mes livres là, parmi la collection Fleuve Noir. J’ai toujours voulu être écrivain.

Myriam : Tu déplores souvent de ne pas avoir été édité et du coup, tu en conclues que tes ouvrages sont mauvais. Je t'ai lu et sais que ce jugement est faux. Dois-je en conclure que ton but était de percer dans une grosse boîte d'édition ?
L'auteur : Mes livres ne sont pas mauvais ! Ils sont même très bons. Non, avec le recul, je me dis simplement que je ne correspondais pas à ce que les éditeurs recherchaient. Dans les années 80, le Fleuve Noir avait accepté un de mes livres, mais la collection qui devait l’accueillir a été supprimée. Rien de grave : c’est le destin de beaucoup d’artistes. En fait, j’ai eu ma chance et je n’ai pas su la saisir.
Myriam : Désolée, je ne voulais pas dire qu'ils étaient mauvais mais il me semblait que c'est ce que tu sous-entendais quand tu déplorais n'avoir pas de lectorat.

Myriam : Finalement, tu t'autoédites et j'ai l'impression que tes ouvrages du Cycle de l'Etrange commencent à faire leur chemin par le bouche à oreille. Cela te comble je crois car ce que tu aimes ce sont les rapports humains ou je me trompe ?
L'auteur : Oui, j’aime les rapports humains, surtout avec les femmes ! En fait, les écrivains ont à leur disposition un matériel extraordinaire : la race humaine. C’est une pâte à modeler unique au monde. Avec elle, on peut raconter n’importe quelle histoire.

Myriam : Dans le Cycle de l'Etrange, tu fais une analyse de l'humanité dans ce qu'elle a de plus beau mais aussi de plus vil. Une volonté au départ ou un constat de ta pensée profonde en définitive ?
L'auteur : Les deux, ma colonelle ! J’ai vécu une jeunesse relativement difficile et j’ai pris conscience très vite que les bons et les méchants n’existent pas. Les humains sont différents selon les circonstances et le contexte. Mes héros se comporteraient certainement d’une autre manière dans un contexte différent.

Myriam : Que penses-tu du système d'édition en France ? Es-tu optimiste pour les auteurs comme toi, comme nous ?
L'auteur : Non, je suis très pessimiste pour ma génération. Je crois que nous avons tiré le mauvais numéro. Tant pis. Quant au système d’édition, il suffit d’aller au Salon du Livre pour s’apercevoir qu’il est absurde et dépassé. Mon diffuseur de radio dit souvent que les gros éditeurs, et gros producteurs, sont des dinosaures et qu’ils finiront comme les vrais dinosaures : ils s’écrouleront d’eux-même, sans que personne ne les ait poussés. Je pense de plus en plus qu’il a raison.

Myriam : Selon toi, y-a-t-il vraiment des éditeurs qui découvrent encore des auteurs ou seulement des opportunistes ?
L'auteur :Si, si, il y a encore de bons éditeurs. Je les rencontre sur des forums, et sur des salons. Il leur manque un circuit de diffusion pour atteindre l’audience qu’ils mériteraient. Et ils ne l’auront pas tant que les gros occuperont la place.

Myriam : Comment prends-tu la critique sur tes ouvrages si elle est moyenne ? En tiens-tu comptes ? Elle te fait mal ? Tu t'en fous, tu continues ta route de toute façon ?
L'auteur : Il faudrait d’abord que j’ai des critiques ! Or, j’en ai eu très peu. Juste quelques avis de collègues. Si une critique est négative, j’essaye de voir vers où portent les reproches.

Myriam : Que penses-tu des auteurs qui écrivent la nuit ? Vérité ou entretien d'un mythe ? Et toi, comment fais-tu à écrire tout en bossant ?
L'auteur : C’est évidemment un mythe ! Désolé, les artistes sont comme tout le monde : ils doivent dormir. Pour ma part, je me bats sans arrêt contre le temps : je prends des notes, je parle dans un dictaphone. Bref, je débroussaille. Du lundi au vendredi. Le gros du travail d’écriture se fait pendant le week-end.

Myriam : Tu es souvent sarcastique et te déprécie à tort à mon avis. Une attitude intrinsèque à ta personne ou une attitude volontaire de ta part ? Par provocation ? Par déception ? Par humour noir ?
L'auteur : Ah, ah, ah (rire diabolique) ! C’est volontaire. Il y a une telle différence entre le monde que j’aimerais voir et celui qui m’entoure que… Eh bien, mieux vaut se réfugier dans l’humour et l’auto-dérision.

Myriam : De quoi as-tu peur dans la vie ?
L'auteur : Aaaaaaaaaahhh (cri d’horreur) ! Sans doute de n’avoir plus rien à écrire, plus rien à raconter. Qu’est-ce que je pourrais bien foutre ?

Myriam : Qu'est-ce qui t'énerve le plus ?
L'auteur : Comme tous les artistes : ces gens qui me félicitent et qui m’ont oublié dix minutes après. Ils pourraient dire franchement que la littérature ne les intéresse pas. On ne se fâcherait pas pour ça. Eh bien, non, ils font semblant de nous féliciter.

Myriam : Tu es thé ou café ?
L'auteur : Ah, le thé est infiniment meilleur. Mais soyons francs : je suis drogué au café et j’en bois, j’en bois.

Myriam : Polar ou Proust ? Que lis-tu ?
L'auteur : Polar, bien sûr. J’ai toujours vécu dans la littérature de genre. C’est la mienne. Et puis, de temps en temps, je me replonge dans un grand classique : André Breton, ou Jules Verne. C’est nécessaire.

Myriam : As-tu des auteurs préférés ? Ou es-tu du genre à n'avoir aucun à priori et à lire quelque chose juste sur un coup d'inspiration ?
L'auteur : Je n’ai aucun a priori. La preuve, j’ai même lu Myriam Salomon Ponzo ! Grâce à Internet, j’ai découvert beaucoup d’auteurs, et ces découvertes font partie du plaisir de la lecture.

Myriam : Passons un peu à ton rôle de producteur d'émissions radiophoniques. Tu as animé et anime actuellement une émission qui met en scènes tes nouvelles fantastiques issues de tes ouvrages "Le Cycle de l'étrange" dont j'ai trouvé le tome 1 excellent et très original. D'où te vient cette idée et comment as-tu pu réaliser ces projets ?
L'auteur : Ah, la grande aventure de ma vie ! J'ai découvert sur Internet la CAMCF, une entreprise qui s'occupe de fournir des programmes aux radios locales. Ils cherchaient des auteurs pour écrire des fictions. Je les ai contactés et le directeur m'a fixé un rendez-vous. Le courant est très bien passé entre nous. Alors, nous avons défini ensemble un projet : les Chroniques de l'Etrange. Il m'a fourni un réalisateur et un studio d'enregistrement. Une fois l'émission terminée, c'est la CAMCF qui s'occupe de la placer sur les radios. Pour l'aspect financier, simple : le producteur, c'était moi. Je tiens à préciser que c'est moi qui ai CHOISI cette option. Parce que je voulais conserver le contrôle de l'émission. J'aurais pu remettre mes textes à un autre producteur, bien sûr. Mais alors, mes histoires auraient été modifiées. J'ai préféré prendre un risque financier et présenter mes histoires telles que je les avais écrites.

Myriam : Comment s'est passé le recrutement des comédiens qui participent à cette belle aventure ?
L'auteur : Pour la première saison, c'est le réalisateur qui les a amenés. Pour la deuxième, j'en ai recruté moi-même, parmi mes relations personnelles. Et je ne me suis pas trompé !

Myriam : Avez-vous le moyen de mesurer l'audience ? Comptez-vous, si le succès est au rendez-vous, prospecter des radios nationales ?
L'auteur : Aaaaaaaaahhh (cri de désespoir) ! Les radios ne fonctionnent pas comme ça. Elles ne donnent jamais la date de diffusion et ne fournissent jamais les chiffres d'audience. En fait, une fois qu'on leur a apporté une émission, elles ne s'intéressent plus à nous. Décevant, mais c'est ainsi. Pour mesurer l'audience, nous n'avons qu'un élément : les demandes de rediffusions. Si elles sont nombreuses, c'est logiquement que les audiences sont bonnes. Ensuite, oui, je m'adresse aux radios nationales, aux télés, aux producteurs de cinéma. Pour l'instant, aucune réponse.

Myriam : Quand on fait ce genre d'émissions, quels sont vos revenus afin de payer les comédiens mais aussi de vous y retrouver vous-mêmes car il faut bien manger ?
L'auteur : Aaaaaaaaaaaaahhh (cri d'épouvante) ! Navré, mais dans le milieu des producteurs, radio ou télé, il existe une règle : la confidentialité. En d'autres termes, on n'a pas le droit d'en parler. C'est comme ça. En revanche, je peux expliquer que les radios payent à la SACD, laquelle reverse ensuite leur part aux producteurs et auteurs. C'est un bon système car la SACD est rigoureuse et les radios qui ne payent pas sont vite repérées.

Myriam : Je passe un peu du coq à l'âne pour alléger cet entretien qui risque de virer à l'intello ! Tu es un grand passionné des films westerns des belles années du genre. Enfant, tu allais souvent au cinéma ou regardais-tu plutôt la télévision ?
L'auteur :Plutôt la télé. Le cinéma, j'ai commencé à y aller assez tard, car mes parents ne m'y emmenaient pas. Ils ne s'intéressaient à rien. Je suis un autodidacte : je me suis fait tout seul.

Myriam : Quels sont tes héros de western préférés ?
L'auteur : Tu veux me faire passer pour un vieux schnock auprès des jeunes ? Tant pis. L'inégalable Gary Cooper. Et son dauphin John Wayne. Mais je reste fidèle aussi à des gens aujourd'hui oubliés : Randolph Scott (l'éternel vengeur solitaire), Audie Murphy (le cow-boy au visage de bébé), James Stewart, Robert Taylor, etc.

Myriam : Je reviens à tes nouvelles étranges. Certaines se passent à l'époque du Far West. Un hommage à ce temps révolu où les héros étaient de "vrais mecs" ?
L'auteur : Oui ! Et puis, la nostalgie de l'horizon. La magie des vieux westerns, c'était ça : la certitude que, derrière l'horizon, la vie serait meilleure. Quel horizon nous reste-t-il aujourd'hui ? À part l'espace, je ne vois pas.

Myriam : Justement, que penses-tu des héros de cinéma d'aujourd'hui ?
L'auteur : Il y en a encore ? En fait, la différence est là. Les protagonistes du cinéma actuel sont des hommes normaux. Les acteurs du vieux cinéma étaient des héros.

Myriam : Si tu devais avoir un rêve exaucé, quel serait-il ?
L'auteur : Rencontrer Myriam Salomon Ponzo en chair et en os ! Et puis, comme tout un chacun, je rêve d'un monde meilleur. Mais cela ne dépend pas de moi.
Myriam : Qui sait ? Un jour peut-être. Ce sera avec plaisir !

Myriam : Quel temps fait-il chez toi aujourd'hui ?
L'auteur : Froid et sec. Le temps typique d'un mois de janvier parisien.

Myriam : Une bonne action si un jour tu gagnais le gros lot ? Quelle serait-elle ?
L'auteur : Il faudrait d'abord que je joue ! Ah, ah, ah ! En fait, si j'avais beaucoup d'argent, je créerai ce que je n'ai justement pas : une belle maison de production pour faire des émissions de radios, des téléfilms, et donner du travail aux artistes. Les malheureux en ont besoin !

Myriam : Que penses-tu des gens connus qui se "croient" comme on dit ?
L'auteur : Justement, j'ai été invité à l'avant-première d'un film, à Paris. Il y avait un acteur relativement connu. Il est passé près de moi et je lui ai dit bonjour. Il m'a regardé et, constatant que je n'étais qu'un simple spectateur (donc peu intéressant pour sa carrière), il m'a répondu bonjour du bout des lèvres avant de s'éloigner. Il y a des artistes comme ça : ils ne s'intéressent à vous que si vous pouvez être utile à leur carrière. Ce que j'en pense ? Ben, je les ignore.

Myriam : Je te remercie pour ta franchise dont je ne doutais pas un instant avant même que tu répondes et te souhaite un franc succès pour les émissions radio que j'écoute désormais tous les matin. Et toi, que me dis-tu ?
L'auteur : Qu'en voyant ta photo sur Facebook, je comprends que tu te fasses draguer ! Non, vraiment, c'est un régal d'échanger avec une personne qui partage la même passion que vous. J'ai passé un moment formidable.
Myriam : Lol ! Cela a été un plaisir pour moi aussi de rencontrer un aussi grand passionné.

Propos recueillis par Myriam SALOMON PONZO le 19 janvier 2011.
La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les «copies ou reproductions sont strictement réservées à usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective» et, d'autre part, que «toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants-droits ou ayants-causes, est illicite» (alinéa premier de l'article 40).
Cette représentation ou reproduction par quelque procédé que ce soit consisterait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 du Code Pénal.
Note : 5 (1 note)
Noter cet article : 

Envoyer cette page à vos amis

Destinataires

Séparez les adresses e-mail
par des virgules
Votre message


Votre nom


Votre e-mail


Entrez le code visible ci-dessous :

Ecrire un commentaire

Votre pseudo:
Entrez le code visible ci-dessous :
 
Participer
  • Publier sur un media reconnu
  • Bénéficier d'invitations aux événements
  • Rejoindre une communauté de passionnés
Devenir membreDéjà inscrit : Connexion

Inscription newsletter Obiwi

Recevez l'information sur vos passions
E-mail :

Publier un article

  • Echanger sur vos passions, vos bons plans
  • Une équipe vous aide à rédiger un contenu pour la communauté
S'inscrire pour publier un contenu
Liens commerciaux