Reportage
Premières notes aux couleurs des Solidays
Sous un soleil de plomb, l’équipe d’Obiwi a rejoint les quelques 152 000 personnes présentes ce week-end sur la zone érogène de solidarité. Les chevaux qui dévalent habituellement l’hippodrome de Longchamp ont été remplacés par d’autres animaux, aussi joyeux que bruyants.
Crédit photo: Claire Berthelemy.
Saut à l'élastique.
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Pour la 11ème année consécutive, Solidarité Sida organise son festival musical et militant pour récolter des fonds mais aussi sensibiliser l’opinion à la ferveur nécessaire du combat que cette association mène dans le monde entier.
Accueillies par des stands de kebab/frites et des jeunes volontaires, à l’œil et au nez aiguisé pour écarter alcool, appareil photo et compagnie, en contemplant le manège qui trônait dans l’entrée, je suis restée plutôt perplexe. Quelques mètres plus loin, Heineken fait sa promo, Desperados également. La complexité de l’évènementiel et le jeu des sponsors forceraient-ils à l’hypocrisie?
Passons… La Casa répète et nous profitons d’un chapiteau presque désert pour savourer ce "Go, go, go". Assister aux balances, voilà un plaisir que seuls les festivals offrent au public, et pourtant l’imperfection de la répétition ne peut être que séduisante.
La ballade dans le village "Solidays" continue et voilà que les partenaires viennent à nous: La Fondation Abbé Pierre, le GENEPI, l’Amicale du Nid, Act Up… Une chose est sûre, si la musique prime à Solidays, on ne peut repartir sans avoir fait sa piqûre de rappel essentielle en matière de prévention et d’information sur le Sida et autres problématiques sociales que nous aurions peut-être tendance à oublier dans notre quotidien.
Entre chaque concert, la foule va et vient entre les stands, les expositions et prennent leurs stylos pour signer pétitions et engagements. D’autres s’essaieront au saut à l’élastique ou à des manèges, sans être passés chez Heineken ou à la friterie avant, je l’espère. De jeunes gens s’allongent étrennant leur fatigue sur la pelouse de l’hippodrome, profitant d’un soleil radieux mais éreintant. Si nous étions en septembre, nous pourrions aussi bien être au Parc de la Courneuve pour la Fête de l’Huma. Si le fond du combat n’est pas le même, l’allure est semblable.
D’un point de vue musical, les mélomanes affamés ne peuvent qu’être satisfaits d’une programmation chargée de têtes d’affiches très tendance. Très, peut-être trop. Si les Solidays cherchent à toucher les 18-30 ans, je m’autorise à penser que les choix artistiques restent encore trop "parisiens" d’un point de vue musical, trop restrictif d’un point de vue militant. En effet, la nouvelle scène est à l’honneur, le public est à son image, éclectique et passionné. Mais il y a une jeunesse qui ne "rock" pas, qui n’écoute pas Oui Fm, Nova et France 4… Et cette jeunesse-là a aussi besoin d’entendre ce discours de prévention, d’être appelée à plus d’exigence sur le plan santé international.
Les Solidays commencent et se terminent en musique dans un joyeux bordel, ensoleillé mais urbain. Le corps chargé et déchargé d’autant de choses, le cœur n’en est pas moins aiguisé d’une conscience essentielle alors que le Sida exclue et tue chaque jour dans le monde entier. Et avec à la clé un mot, à éprouver, à appliquer: SOLIDARITE.