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"Lou Salomé" de Giuseppe Sinopoli à La Fenice de Venise

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Le 03/02/12 - Lu 732 fois - 5 commentaires
La saison lyrique 2012-2013 du théâtre La Fenice de Venise a été ouverte par un hommage rendu au compositeur vénitien contemporain Giuseppe Sinopoli avec la première représentation italienne de "LOU SALOME", œuvre en deux actes d'après le livret de Karl Dietrich Grawe, inspirée des Mémoires de Lou Andreas-Salomé, femme de lettres et muse de Nietzsche et Rilke, et élève de Freud, bohémienne intellectuelle pan-européenne qui correspondit avec les plus grands penseurs de son temps.
La scénographie particulière de La Fenice pour Lou Salomé de Sinopoli La scénographie particulière de La Fenice pour Lou Salomé de Sinopoli Lou Salomé, interprétée par la belle soprano  Angeles Blancas Gulin L'arbre de vie à La Fenice pour Lou Salomé de Sinopoli la scénographie particulière pour la représentation de Lou Salomé à La Fenice la vraie Lou Salomé avec Paul Rée et Friedrich Nietsche Giuseppe Sinopoli
La scénographie particulière de La Fenice pour Lou Salomé de Sinopoli
La scénographie particulière de La Fenice pour Lou Salomé de Sinopoli
Lou Salomé, interprétée par la belle soprano Angeles Blancas Gulin
L'arbre de vie à La Fenice pour Lou Salomé de Sinopoli
la scénographie particulière pour la représentation de Lou Salomé à La Fenice
la vraie Lou Salomé avec Paul Rée et Friedrich Nietsche
Giuseppe Sinopoli
1 / 7 medias
L'année dernière déjà La Fenice avait ouvert la saison lyrique avec l'oeuvre d'un compositeur vénitien contemporain, Luigi Nono, en représentant « Intolérance 1960 ». Cette année, cela a été le tour d'un autre vénitien illustre, Giuseppe Sinopoli, né en 1946 et décédé à Berlin en 2001 à seulement 55 ans pendant qu'il dirigeait l'Aida de Verdi au Staatsoper de Berlin, mort en scène d'une crise cardiaque comme Molière...
Sinopoli était un médecin spécialisé en psychiatrie, mais aussi un compositeur, un chef d'orchestre renommé et un passionné d'archéologie, « que des moyens différents de faire le même métier : enquêter sur la profondeur de l'être» comme il l'expliquait.

La première représentation de Lou Salomé a eu lieu une seule et unique fois le 10 mai 1981 au Bayerische Staatsoper de Munich en Bavière, qui l'avait commandé à Sinopoli. Œuvre imposante, Lou Salomé est aussi l'unique expérimentation théâtrale de Sinopoli, qui retira la partition après la première exécution avec l'intention de la remanier, ce qu'il n'eut jamais le temps de faire.

Dans les années 1970, Sinopoli est surtout réputé comme compositeur et comme spécialiste de la musique contemporaine, avec notamment la fondation en 1975 de l'Ensemble Bruno Maderna, consacré à la musique d'avant-garde. Ses compositions de jeunesse s'inspirent au style structuraliste puis ses travaux s'approchent d'un expressionnisme lyrique de type Mitteleuropa, avec des références certaines à Schoenberg et Berg. À partir de 1978 cependant, il s'investit de plus en plus dans la direction: d'abord le répertoire classique, avec les opéras de Giuseppe Verdi à Venise, puis le répertoire symphonique d'Anton Bruckner, de Gustav Mahler et de Richard Strauss, compositeur avec lequel il cultivait d'immenses affinités.

D’une manière fulgurante, phénomène au demeurant assez rare dans toute l’histoire de la direction d’orchestre, il trouva sa place dans le gotha. En à peine deux décennies d’activité pleine, de 1981 à 2001, Sinopoli a travaillé avec tous les plus prestigieux orchestres : Deutsche Oper de Berlin, Teatro alla Scala de Milan, Wiener Philharmoniker de Vienne, Royal Opera de Londres, Philharmonic Metropolitan Opera de New York. Il a été notamment à la tête de l'Orchestre Philharmonia de Londres, de l'Académie nationale de Sainte-Cécile de Rome et de la Staatskapelle de Dresde de 1992 à 2001. Il était sous contrat avec Deutsche Grammophon, pour qui il aura gravé une soixantaine de disques.

Lou Salomé de Giuseppe Sinopoli a été somptueusement organisée par La Fenice, avec une chorale invisible de plus de vingt chanteurs installés dans les coulisses (faute de place), voix blanches et spectrales semblant provenir du néant accompagnant l'oeuvre, l'orchestre - il s'agit de presque cent musiciens - placés sur la scène et dirigés par Lothar Zagrosek, les chanteurs lyriques et les quatre comédiens placés au beau milieu de la salle du théâtre, dont les chaises ont été enlevées du centre de la salle et replacées en cercles le long des balcons du théâtre, avec au centre un arbre véritable, planté en plein milieu du théâtre. Directeur du son Alvise Vidolin, une exceptionnelle Lou Salomé représentée par la belle soprano Angeles Blancas Gulin et son double l'actrice Giorgia Stahl qui semble sortie d'un vieil album photo de la jeune Lou. Claudio Puglisi, acteur dans le rôle de Nietsche et de l'homme oiseau Zarathustra, Gian Luca Pasolini ténor dans le rôle de Paul Rée, Matthias Schulz ténor dans celui de Rainer Maria Rilke, Roberto Abbondanza baryton dans celui de Friedrich Carl Andreas, Julie Mellor mezzo-soprano dans les rôles de Malwida von Meysenbug et de Mme von Salomé, Marcello Nardis ténor dans le rôle d'Hendrik Gillot et du professeur Kinkel, Alessandro Bressanello, acteur dans celui du serviteur et d'un contemporain qui a beaucoup voyagé...

Les projections et le jeux des lumières qui évoquent de larges espaces ouverts sont l'oeuvre de Franco Ripa di Meana avec son équipe de l'Iuav, Faculté de Design et des Arts de l'Université IUAV de Venise, supervisé par Luca Ronconi.

Lou Salomé a lieu entre 1861 et 1937 à travers la période d'histoire de la pensée européenne qui intéressait plus que tout Sinopoli. Dans cette œuvre il affronte le thème de l'émancipation féminine, de la création de la psychanalyse et se confronte avec la mort de Dieu annoncée par Friedrich Nietzsche.

Argument:

Une femme à la fin de sa vie médite sur le sens de son existence et se souvient.

Acte I:


Lou Salomé est née en 1861, l'année de la libération des serviteurs de la glèbe en Russie. Des millions de paysans partent vers une liberté jusqu'alors inconnue. Son premier grand amour, le pasteur Hendrik Gillot, lui demande de l'épouser, ce qu'elle refuse. Elle quitte la Russie avec sa mère pour la Suisse, à Zurich, où elle se jette dans une vie de travail inflexible et inconditionné au mépris de sa santé. Mais elle tombe malade, un médecin, le professeur Kinkel, lui recommande de changer de climat. Elle part à Rome chez Maldiwa von Meysenbug, où elle guérit auprès de son ami philosophe Paul Rée. Elle rencontre à la basilique de San Pietro un ami de Paul Rée, Friedrich Nietsche. Les deux hommes sont follement amoureux d'elle. Elle devient la muse des hommes les plus importants de sa vie: Rée, Nietsche, Andreas et Rilke. Elle part vivre avec Paul Rée dans un logement berlinois misérable, où elle écrit plusieurs de ses livres. Puis elle se lie à Friedrich Carl Andreas qui avait tenté de se suicider. Elle se sépare alors de Paul Rée.

Acte II:

Sur le mont sacré du lac d'Ortega, Lou et Nietsche connaissent l'élan passionné de l'amour platonicien. Sur Nietsche s'abat contemporainement le bonheur, la créativité et le début de la folie. Il demande Lou en mariage, qu'elle refuse. Il sombre dans la dépression. Il écrit « Ainsi parlait Zarathoustra ».

Andreas, qui s'était marié avec Lou mais qui ne s'était jamais donnée à lui, tente de la posséder mais, en proie au délire, elle tente de l'étrangler. Ils comprennent alors que ceci ne pourra jamais avoir lieu.

Lou se met avec Rilke qu'elle aime et ils partent ensemble en Russie. Lou trouve l'amour et le bonheur dans ses bras, dans les plaines solitaires de la Sibérie.

Avant-dernier tableau de sa vie: Lou devient l’amie de la fille chérie du psychanalyste, Anna Freud. Lou devient alors l'élève de Freud et travaille avec lui comme première femme psychanalyste. Nietzsche, mort depuis longtemps, lui apparaît comme s'il était son patient. Elle cherche à justifier son refus de s'attacher à lui en essayant d'analyser son incapacité d'aimer.

Dernier tableau, Lou est seule et isolée du monde dans sa maison de Goettingue, où elle attend la mort.

Elle meurt à soixante-seize ans dans une Allemagne dominée par l'idéologie nazie. Nous sommes en 1937.
Note : 5 (8 notes)
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AB (Non inscrit)
Le 04 février 2012 à 16:49
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J'avoue que je ne connais pas ce compositeur vénitien mais je vais tâcher de me procurer des places car j'ai la chance d'aller très bientôt à Venise. Merci de cette info fort précieuse.
 
giselle (Non inscrit)
Le 04 février 2012 à 18:31
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Cette muse a eu une vie incroyable, elle a eu la chance de vivre une époque passionnante!
 
jean-pierre (Non inscrit)
Le 04 février 2012 à 18:54
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La salle du foyer est tout simplement splendide, cela donne vraiment envie d'y aller.
 
Justine78 (Non inscrit)
Le 05 février 2012 à 11:36
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Jolie photo qui donne envie de partir tout de suite voir un spectacle à la Fenice !
 
Kangchenjunga (Non inscrit)
Le 05 février 2012 à 14:41
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Le programme est bien alléchant. En y ajoutant la magie de Venise, je brûle d'impatience de retouver la Sérénissime.

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