Nombreux sont ceux qui se frottaient les mains en patientant. Depuis l'annonce de son arrivée sur la chaîne privée et plus encore depuis que les émissions de Busnel, Picouly et Hondelatte ont été diffusées, Michel Field était très attendu. Mais surtout attendu au tournant. D'une part, il remplace l'indétrônable Patrick Poivre D'Arvor, qui a quitté "Vol de Nuit" son précieux magazine littéraire suite à son licenciement du JT. Et d'autre part, cet ancien prof de philosophie, écrivain, journaliste n'avait pas remis les pieds dans les programmes de TF1 depuis presque dix ans, époque à laquelle il amusait la galerie avec Dechavanne.
7% de parts de marché
Ce matin, l'audience annonce 7% de parts de marché pour "Au Field de la Nuit". Un démarrage jugé décevant… Peut-être un peu hâtif, cette sentence ? Pour mémoire, quelles étaient les parts de marché de PPDA avec "Vol de nuit"? Personne n'en parle.
Et c'est peut-être oublier un peu vite que l'émission est diffusée un mardi soir, en troisième partie de soirée, que c'était la première, que TF1 n'a pas non plus choisi de mettre l'émission plus en valeur, niveau horaire et qu'il s'agit de littérature, un thème étrangement, certes, moins fédérateur que l'insipide Star Ac ou que les potins de stars du samedi soir… Allez comprendre!
La culture au sens large
Bon toujours est-il que l'émission était très intéressante, et de bonne augure pour les suivantes. Mieux vaut rester réveiller devant "Au Field de la Nuit" que de bailler devant "Vendredi, si ça me dit" toujours aussi fade après plus d'un mois de diffusion.
Plusieurs choses titillent envie et curiosité… L'émission fait la part belle aux jeunes. Les lycéens sont d'ailleurs en plateau, ils commentent leurs lectures et interviewent les auteurs invités. Il leur est souvent reproché de ne pas lire. Or, hier soir, ils ont fait preuve de perspicacité, d'intelligence, de sensibilité et d'enthousiasme. Pour une fois que les jeunes lecteurs ont un rôle, une visibilité et une place en face de la littérature, qui s'en plaindrait? D'autant que cette particularité de l'émission ne gâche en rien le plaisir des autres lecteurs, quelques soient leurs âges et leurs domaines littéraires de prédilection.
Grâce à une sélection de livres étonnamment variée et ouverte sur tous les genres et la culture au sens large, chacun se verra contenter. Les 52 minutes de programme sont fluides, rythmées par les interventions des étudiants, des reportages hors plateau (notamment dans les classes ou dans la bibliothèque des auteurs contemporaines - un délice!). Le ton bon enfant sans être pour autant léger ou sans consistance est agréable. La littérature est ici décomplexée et accessible (ce qui, pour les amateurs, n'est peut-être pas toujours le cas avec la par ailleurs excellente "grande librairie" de François Busnel, sur France5).
De fil en aiguille la littérature conduit - notamment par la voix des quatre chroniqueurs qui entourent Michel Field: Mélanie Gambier, Jessica Nelson, Hubert Artus et Pierre de Vilno - à explorer la culture au sens large. Adaptation cinématographique, actualités littéraires, théâtre, mais aussi buzz de lecteurs autour d'un livre, d'un auteur sont au cœur des préoccupations de ces derniers.
Un prolongement sur internet
Autre atout, la porte de l'émission est grande ouverte. Via Internet, tous les lecteurs sont invités à participer, grâce au
site web, au
blog de l'équipe, mais surtout, au forum
http://forum.tf1.fr/field-de-nuit/ qui a d'ores et déjà recueilli, en une journée, félicitations et coup de cœur du public, comme le souhaitait hier à l'antenne le journaliste littéraire Hubert Artus.
Alors, au diable les chiffres et bienvenue les mots!
Petites infos pratiques
"Au Fiel de la Nuit", tous les mardis, à 23h50 sur TF1.
Pour revoir les émissions, rendez-vous sur
http://lachaine.tf1.fr/lachaine/magazines/field-de-la-nuit.