Talent
Préfailles - Par-delà vents et marées 9
1945 - Après les débarquements de Normandie et de Provence, les troupes coloniales progressent vers l'Alsace. En janvier, pour mon père, blessé, la guerre s'achève tandis que ses compagnons d'arme poursuivent leur avancée jusqu'en Autriche. L'Allemagne a capitulé le 8 mai 1945. La guerre finie, les combattants doivent penser à réintégrer la vie civile dans un pays désorganisé et ruiné par les combats.
Mon père à Briançon.
idem.
Mon père en soin à l'hôpital Purpan de Toulouse.
Première sortie de l'hôpital, juin 1945.
Première sortie de l'hôpital, juin 1945.
En-tête de carte de correspondance du 4ième RTM.
|
| 1 / 6 medias |
 |
|
 |
A voir également sur Obiwi
Le 14 janvier 1945 papa sautait sur une mine au bord de la Thur, dans le Haut-Rhin. Blessé aux deux jambes, le pied droit arraché, criblé d’éclats, il dut son salut au courage de ses compagnons qui traversèrent un gué, plongés dans l’eau glacée jusqu’à la taille, en portant sa civière.
Tandis que papa est soigné à l’hôpital Purpan de Toulouse, ses compagnons d’armes poursuivent le combat jusqu’en Autriche. L’un d’eux lui raconte leur séjour là-bas. Je t’écris ces quelques mots d’un centre de repos situé quelque part dans une région montagneuse de l’Autriche. Là je vais passer quatre jours. Il y a tout le réconfort (sic) moderne, ça t’étonnera peut-être, mais pour une fois on a compris. Je loge dans un grand hôtel: il y a de grandes salles de jeux, de lecture, une piscine, de la musique, des bois, tout… […] Ici c’est la belle vie. L’Autriche est un pays pittoresque. Il y a de jolis coins, et surtout de charmantes Autrichiennes qui répandent de si jolis sourires à leurs libérateurs.
Le 8 mai 1945 l’Allemagne a capitulé. La guerre terminée, les anciens combattants songent au retour dans leurs foyers. De Fribourg, ce même compagnon fait part à mon père de son impatience à retrouver la vie civile.
Le 12 juillet 1945
[…] Je me trouve depuis deux jours dans la région de Fribourg, à une quarantaine de Km de Strasbourg. On commence à s’approcher. Il est grand temps que l’on quitte ce bled. Dernière nouvelle, il paraît que l’on ira à Rennes en Bretagne. […] M. est chez lui, il est parti le 22 juin. Etant pupille, il a été rapatrié : donc je reste avec L. J’en ai plein… J’ai hâte de m’en aller moi aussi. Vivement la classe! Que fais-tu de beau? Ici, toujours la même vie: ça barde en plein. Il valait mieux le temps passé.
Le 2 août 1945
[…] /Quant à moi, toujours la même vie: les permis pour la Corse et l’A.F.N. sont supprimés, faute de transport: on nous autorise à prendre 4 jours pour la France. Tu peux imaginer la rumeur qui gronde. Enfin! On est toujours bonne pour (?) et comme d’habitude on est toujours les pigeons.// […]
Un autre frère d’armes: […] J’ai appris avec douleur la blessure que tu as eue en France et tes décorations. Je te félicite pour celles-ci, tu es un bon gaillard. Quant au pied, j’espère que ce n’est pas tout à fait grave et que tu marches sans trop de difficultés. Que comptes-tu faire? Espères-tu être démobilisé? Si oui, je vais t’offrir quelque chose, tu sais nous en avions parlé en Italie. Je vais rentrer en Afrique du Nord et mon père a loué des jardins. Veux-tu venir chez moi? […]
Cet ami lui propose d’exploiter avec lui plusieurs hectares de terrain en jardins, vignes, arbres fruitiers, orangeraies avec pour projet d’expédier leurs récoltes en France métropolitaine.