Les origines de la ville de Longwy remontent au VIème siècle après Jésus-Christ. La tradition orale nous apprend que le site aurait été occupé dès le Haut Moyen-âge à une époque voisine de l'implantation du prieuré Saint-Martin. Clotaire, fils de Clovis, roi d’Austrasie, ayant marié Blitilde sa fille à Anselbert, marquis d’Anvers, créa une seigneurie entre Metz et Trèves, à laquelle il donna le titre de comté Mosellan parce qu’elle se situait sur les rives de la Moselle. Anselbert fit construire les fondations du château de Loncastre avec les débris d’un camp romain nommé Tiltelberg, lui-même ancien oppidum celtique, sur un promontoire rocheux en partie boisé. Celui-ci fut occupé jusque vers l’an 400. C’est dans ce château, progressivement agrandi, que se sont groupés les premiers habitants de Longwy. Les fortifications et les bâtiments qui composaient cette ville ont ainsi évolués plus de huit siècles durant.
A l’époque médiévale, le château était composé de 3 parties. Tout d’abord le donjon, qui comprenait 5 tours reliées par des courtines, 2 portes avec fossé et pont-levis, un palais seigneurial, un puits et des écuries. Ensuite le bourg, qui servait de refuge à l’abbaye d’Orval et au prieuré de Mont-Saint-Martin. Il s’y trouvait également un couvent, un puits, une place d’armes, un four à chaux et l’église Saint-Dagobert. Enfin le marché, avec 36 maisons, des puits, un moulin à vent, une halle et 3 portes d’accès au château. L’ensemble de la fortification castrale s’étendait sur une longueur de 450 mètres, d’où ses anciens noms de Loncastre, Longus-vicus, Lonvic et enfin Longwy.
La ville de Longwy-Haut était enceinte de puissantes murailles jalonnées d'un ensemble de 36 tours, poternes et boulevards. Longwy-Bas a quant à lui était créé sur les berges de la Chiers au XIIIème siècle sous le nom de Neufville
Construit et reconstruit au fur et à mesure des destinées militaires qui virent la ville passée successivement entre les mains du Luxembourg, du Barrois et de la Lorraine, le château était considéré au XVIème siècle comme la troisième forteresse la plus importante du Duc de Lorraine. Une garnison l'occupait en temps de guerre, comme pendant la guerre de Trente ans et le fameux siège de 1636.
Après le nouveau siège de 1670 par les Français, Louis XIV souhaita alors élever une nouvelle ville haute et ordonna de raser entièrement la forteresse, ce qui fut fait à hauteur des élévations. Toutefois, de nombreuses fondations ne furent pas détruites puisque durant la campagne de fouilles de 1955-1957 les Amis du Vieux Longwy mirent au jour une première tour, aujourd'hui identifiée comme étant la tour de la chapelle. 35 ans plus tard, l'association Castelvicus, qui a repris le flambeau, retrouva la tour de la prison à 30 mètres de la première, ainsi que la muraille joignant les deux ouvrages.
Ces deux tours dégagées et en partie reconstruites présentent des épaisseurs de murs de près de 2,50 mètres. Elles devaient dépasser les 25 mètres de haut. La tour de la chapelle comprend encore un escalier à vis, aujourd'hui effondré et interdit au public, qui débouchait sur une poterne en partie basse. La rue actuelle du Vieux Château reprend quant à elle le tracé de l'ancien fossé qui séparait le donjon du marché.
On estime que sous le promontoire actuel, les fondations de l'enceinte du bourg et du donjon résident encore sous les remblais de terre même si la majorité des pierres du château a servi à construire les remparts de Vauban à partir de 1679, aujourd’hui inscrits au
patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Le vieux-château de Longwy présente donc un potentiel archéologique incontournable.
Par ailleurs, sur la partie la plus élevée du site, à l'emplacement du donjon médiéval et d'une redoute datant du XVIIIème siècle, un système casematé du type Serré de Rivières fut édifié en 1884. On y accède par un passage voûté en partie effondré suite au bombardement de la ville au mois d'août 1914. On y distingue encore une citerne maçonnée avec soin qui alimentait en eau les défenseurs. Celle-ci est régulièrement remplie en abondance, même en période de canicule. En sortant de ce passage voûté, le visiteur peut distinguer 4 hauts talus de terre ou « merlons », sur lesquels étaient positionnés avant la Première Guerre Mondiale 4 canons de 90 mm pointés en direction du plateau de Mexy.
Pour conclure cet exposé, nous pouvons que saluer le travail entrepris par une poignée de bénévoles qui ont décidé de créer une association pour faire connaître et mettre en valeur ce site ignoré.