La ville offre à certaines espèces animales les territoires pour vivre qu’elles n’ont plus à l’état naturel. De nombreux oiseaux sauvages, généralement faciles à observer, ont ainsi conquis les milieux urbains. Des
cigognes se sont installées au centre de Nancy, de Bitche ou encore de Saint-Nicolas-de-Port. Le blongios nain, plus petit héron européen, a été découvert par hasard, près du centre-ville de Metz, dans un site bordant la
Seille. L’échassier, noir et ocre, vit dans une roselière à l’écart. La destruction de ses habitats met l’espèce en danger. Le
faucon pèlerin avait de même failli disparaître. Menacé par les pesticides, il ne trouvait plus à se nicher dans les falaises extérieures. Il utilise à présent des édifices religieux, comme à Metz, Nancy ou Saint-Nicolas-de-Port pour se reproduire. Qui plus est, ce rapace au piqué prodigieux est aussi un prédateur du pigeon. Il constitue dès lors une alternative naturelle pour réguler leur population.
Par ailleurs, bien que le rat ne suscite pas spécialement l’affection, il peut consommer annuellement environ 80 tonnes de déchets dans des villes de la taille de Metz ou de Nancy. Sans lui, il faudrait descendre plus souvent dans les égouts pour les déboucher.
Néanmoins, les villes voient également l’arrivée d’espèces invasives ou exotiques. Par exemple, les premières observations de perruches à collier dans un parc public de Nancy remontent à une petite dizaine d’années. Elles étaient trois. Elles sont aujourd’hui entre 50 et 100. Ces oiseaux ont pu s’échapper ou être relâchés. La perruche à collier vit d’habitude en Afrique ou en Inde. Mais elle a de bonnes dispositions pour passer l’hiver européen. A Bruxelles, on dénombre entre 5 000 et 10 000 individus. La Ville de Nancy observe avec une pointe d’inquiétude leur implantation. Ces perruches ne sont ni chassables ni nuisibles. Elles bénéficient d’un flou juridique. Elles définissent en tout cas un nouvel écosystème et il n’est pas certain que cette invasion soit appréciée de la nature.
A Metz, l’inventaire, débuté en 2011, se poursuit jusqu’en mai prochain. Outre le blongios nain, il a d’ores et déjà permis de découvrir deux plantes rares, une tulipe sauvage à Bellecroix et la gagée velue, une fleur jaune, à Borny.