Coulisses
Versailles, Place du Marché
Il existe des lieux sans lesquels une ville le serait moins. A Versailles, il y a le château certes mais sans sa Place du Marché, Versailles ne serait plus Versailles. Économie, culture populaire et gastronomie se concentrent autour de ce lieu mythique depuis l’aurore jusqu’à… l’aurore.
Photo : Marietom sur http://www.trekearth.com/gallery/photo786178.htm
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4h-8h
Les rues sont vides. Quelques rares automobiles, un "bus de nuit" ramenant les fêtards de la capitale. Peut-être, une voiture de police croise le chemin d’un cycliste matinal. Il n’y a personne dans les rues de Versailles à 4h du matin. Sauf sur la Place du Marché! Les premiers arrivants sont les deux grossistes de la place. L’un fournit les fruits et légumes, l’autre la volaille, le fromage, les œufs aux restaurateurs de Versailles et d’ailleurs.
Les deux entreprises réveillent la place à coup de tire-pale bruyant dont le métal cogne contre les rues pavées de la place. Un café vers 7h pour les "MorningWorkers" (travailleurs du Matin). Défilé de camions déversant leur flot de poulet, melon, canard, tomate et autre filet de dinde. Le manège des fournisseurs ne prend fin que vers 8h.
8h-10h
Voilà, la place est réveillée, les étals du marché sont installés. Le fourmillement débute maintenant sur la place. Il faut se faufiler entre les stands et les cageots de nourriture qui tardent à être mis en place. Certains vendeurs démarrent leur activité à coup de cris et d’appel à la promotion.
Les boulangers ouverts depuis longtemps retrouvent leurs habitués du pain chaud et frais, les chefs des restaurants de la place commencent à passer commande pour la journée chez les deux grossistes. Qui une côte de bœuf, qui du chèvre et du brie, qui des kilos de filets de poulet, du lait ou du beurre. Les commandes passées, il va falloir maintenant aller livrer les restaurants.
10h-12h
La journée commence pour la plupart des gens, elle se termine bientôt pour les Morning Workers. Les livraisons battent leur plein et les restaurants accueillent leur premier client pour un café. Sur la place, le marché est a son apogée: 3 pour le prix d’un, Il est frais mon poisson il est frais, tout doit disparaître avant midi. Et dans cette cohue, les grossistes continuent tant bien que mal a livrer les restaurants dans le bruit fracassant du métal sur les pavés.
Les magasins aussi sont ouverts maintenant. Il est midi, la place connaîtra son autre moment de rush ce soir à partir de 20h.
12h-18h
La place se calme peu à peu après midi. Comme si la sieste mexicaine avait envahi le rythme versaillais. La place se vide de ses stands. Ce sont les touristes qui investissent la place avec leurs vélos qu’ils laissent ici avant d’aller visiter le Château. Les restaurants se remplissent et se vident avant 16h. Les gastronomes du déjeuner laissent leur place aux poussettes et aux écoliers qui rentrent de cours avec leurs mamans. A peine disparu de la place ce sont les adolescents qui prennent le relais. Sortie du lycée: on va prendre un pot?. Panachés et autres demis-pêche s'ingurgitent avec enthousiasme aux terrasses des bistrots de la place. Bientôt, les chefs des restaurants réinvestissent leurs cuisines et les petits plats du soir commencent à mijoter.
18h-00h
Voilà la place qui se remet à vivre. Le cinéma, le théâtre et le Château ne sont pas loin. Avant ou après on boit un coup, on grignote, on dîne. Les lycéens qui prenaient des bières rentrent chez leurs parents pour dîner quand d’autres sortent de chez eux pour aller manger un bout. Après 22h, la Place du Marché se met à refaire du bruit. Les bistrots sont pleins à craquer et des groupes se forment au milieu et autour de la place. La soirée commence ou se termine pour certains. Va et vient de copains dans les cafés, c’est à 2 heure que ceux-ci ferment alors on en profite. Les pintes de bières ont remplacé les Panachés, les discussions s’emballent et le ton monte à toutes les tables.
00h-3h
Il est minuit, les bars se vident un peu mais les jeunes veulent connaître les joies (ou les peines) de l’ivresse. Alors on boit plus que de raison. Arrive l’heure fatidique de la fermeture. On tente de faire trainer le dernier verre. On amadoue le patron pour qu’il paye sa tournée. Mais le rideau de fer doit descendre et fermer l’échoppe. Alors les plus malins commandent une dernière bière dans un verre en plastique et vont la terminer au beau milieu de la place attendant l’ouverture de la boulangerie. Il est encore beaucoup trop tôt. Ceux qui débarquent maintenant sur la place sont les policiers qui viennent vider les lieux de ces jeunes alcoolisés. Une heure de répit pour la place. A 4h, le cycle quotidien reprend son cours et les fournisseurs livrent les grossistes qui livrent les restos qui feront à manger… etc. etc.